EXTRACTION PAR CHAMPS ÉLECTRIQUES PULSÉS
Propriétés Clés
Qu’ont mesuré Barros et al. (2022) sur l’eucalyptus, le romarin et le thym ?
Quelle matière et quel équipement ?
Dans l’étude de Barros et al. (2022), des feuilles adultes d’eucalyptus et de romarin récoltées dans la région de Proença-a-Nova, dans le centre du Portugal, et des feuilles séchées de thym provenant d’« Argelia » ont été utilisées. La section des méthodes indique que « both plant materials were used within 15 days of harvesting » (les deux matières végétales ont été utilisées dans les 15 jours suivant la récolte). Dans leur discussion, les auteurs décrivent l’eucalyptus et le romarin comme utilisés quelques semaines après la récolte (matière fraîche), et le thym comme complètement sec. Le traitement PEF a été appliqué en lot (« batch mode »), dans une chambre de traitement formée d’un récipient en plastique muni de deux électrodes en acier. Les impulsions haute tension provenaient d’un générateur commercial pouvant délivrer des impulsions positives de 1 μs à 200 μs, jusqu’à 10 kV et 200 A, à des fréquences de répétition de 1 Hz à 200 Hz, pour une puissance de sortie moyenne maximale de 3 kW. Ce générateur Marx à semi-conducteurs repose sur une décharge capacitive directe, et les auteurs écrivent qu’il peut délivrer des impulsions presque rectangulaires, indépendamment de l’impédance de la charge, tant que l’énergie stockée du générateur est bien supérieure à l’énergie de l’impulsion.
Comment la série sur 50 g a-t-elle été menée ?
Pour le témoin, 50 g de matière végétale ont été placés dans un ballon jaugé de 1 L avec 500 mL d’eau du robinet, relié à un appareil de Clevenger, portés jusqu’au point d’ébullition et distillés 30 ou 60 min. Pour les essais PEF, 50 g de matière végétale ont été mélangés à 250 mL d’eau du robinet dans la chambre de traitement en lot, afin d’obtenir un mélange homogène. Le PEF a été appliqué pour atteindre une énergie spécifique (Ws) d’environ 10 kJ/kg, correspondant selon les termes des auteurs à « less than 2.5 °C temperature increase expected » (moins de 2,5 °C d’élévation de température attendue), avec une tension de 10 kV, une fréquence de 5 Hz, une largeur d’impulsion de 10 μs et un champ de 2 kV/cm. Le mélange a ensuite été transféré dans un ballon jaugé de 1 L avec 250 mL d’eau du robinet supplémentaires, relié à l’appareil de Clevenger et traité selon la même procédure que le témoin. Dans cette série, les essais de chaque condition ont été faits en double. Le tableau 1 des auteurs donne un exemple de calcul pour une expérience sur l’eucalyptus à f = 5 Hz : L = 10 cm, d = 5 cm, h = 6 cm, U = 10 kV, ton = 10 µs, 312 impulsions, ρ = 0,8 mS/cm, I = 96 A, E = 2 kV/cm, Wp = 9,6 J, tPEF = 3120 µs, Wt = 3 kJ, Ws = 10 kJ/kg et ΔT = 2,4 °C. Le nombre d’impulsions, n, a été calculé pour que l’énergie spécifique soit d’environ 10 kJ/kg. Dans leur justification du protocole PEF, Barros et al. écrivent que, compte tenu de ce qui précède et des résultats d’autres auteurs (leurs références 19 et 21), un champ électrique de 2 kV/cm et une énergie spécifique de 10 kJ/kg ont été choisis.
Quels rendements la série sur 50 g a-t-elle donnés ?
Dans le tableau 4 de l’étude, dont les codes d’échantillon C, P, E et R désignent le témoin, le PEF, l’eucalyptus et le romarin (tableau 3), la colonne du rendement en % indique 1,20 pour C.E_30, 1,41 pour P.E_30, 1,67 pour C.E_60 et 1,70 pour P.E_60. La même colonne indique 0,57 pour C.R_30, 0,63 pour P.R_30, 0,68 pour C.R_60 et 0,73 pour P.R_60. Pour l’eucalyptus, les auteurs relèvent un effet du PEF avec 30 min d’HD, avec une hausse moyenne du rendement d’extraction d’environ 17 % par rapport à l’extraction sans prétraitement, tandis que pour 60 min d’HD le rendement moyen avec PEF est semblable à celui du témoin. Ces résultats reposent sur deux répétitions par condition, et seule l’amplitude des résultats a été calculée pour l’analyse de la dispersion. Pour le romarin, les auteurs relèvent une hausse moyenne de 11 % du rendement d’extraction avec PEF et 30 min de distillation et, pour 60 min de distillation, encore une hausse moyenne du rendement par rapport à la méthode traditionnelle, de l’ordre de 7 %. Les auteurs avancent une « possible explanation » (explication possible) de ces variations de rendement. Pour l’eucalyptus, ils ont observé un effet du PEF plus marqué avec la distillation la plus courte (30 min), et écrivent que 60 min d’HD sont « probably sufficient » (probablement suffisantes) pour extraire presque toute l’huile essentielle disponible dans 50 g de feuilles d’eucalyptus, les rendements avec et sans PEF étant très proches. Pour le romarin, ils ont obtenu un effet semblable aux deux durées de distillation (30 et 60 min), sans hausse substantielle du rendement, et écrivent que 60 min de distillation « might not be enough » (pourraient ne pas suffire) pour extraire toute l’huile essentielle présente dans 50 g de feuilles de romarin. Selon les auteurs, les dispersions observées des résultats, visibles dans les valeurs d’amplitude, n’ont pas permis de conclusion plus définitive. Ils écrivent qu’il semble (« it seems ») que le PEF a induit une désintégration cellulaire plus importante chez l’eucalyptus que chez le romarin, dans les cellules où se trouvent les huiles essentielles. Les auteurs présentent cela comme une hypothèse qui reste à valider par d’autres travaux.
Qu’a montré la mesure des phénols ?
Une ANOVA à un facteur a donné une significativité statistique, montrant que pour l’extraction de l’huile essentielle d’eucalyptus la TPC est plus élevée avec prétraitement PEF qu’avec la méthode traditionnelle.
Avec 30 min d’HD, où le rendement moyen était de +17 %, la TPC était de +27 % ; avec 60 min d’HD, où la différence de rendement n’était pas significative (+2 %), la TPC était de +12 %. Selon les auteurs, cela « suggests » (suggère) que l’application du PEF, à elle seule, permet d’extraire davantage de polyphénols.
Comment la série sur le thym a-t-elle été menée ?
Pour le thym, les essais de chaque condition n’ont été faits qu’une fois. Le témoin portait sur 10 g de matière végétale dans un ballon jaugé de 1 L avec 220 mL d’eau du robinet, distillés 30 ou 60 min. Pour les essais PEF, 10 g de matière végétale ont été placés dans une chambre de traitement avec 90 mL d’eau du robinet, traités selon le tableau 2 des auteurs, puis transférés dans un ballon jaugé de 1 L où 130 mL d’eau du robinet ont été ajoutés. Le tableau 2 (f = 10 Hz, τ = 10 µs, n = 10 impulsions) énumère quatre conditions, avec d en cm, U en kV, E en kV/cm et Ws en kJ/kg : condition 1, d = 2, U = 2, E = 1, Ws = 0,4 ; condition 2, d = 2,5, U = 5, E = 2, Ws = 2,3 ; condition 3, d = 2,5, U = 10, E = 4, Ws = 9,4 ; condition 4, d = 2, U = 15, E = 7,5, Ws = 21,1.
Qu’a donné la série sur le thym ?
D’après les résultats de leur figure 5, les auteurs jugent « clear » (clair) que l’application du PEF, « despite the energy supplied » (malgré l’énergie fournie), a un effet visible, avec des rendements d’extraction supérieurs à ceux de l’HD traditionnelle (témoin). Ils notent que ces résultats ne reposent que sur une répétition par condition ; en comparant les huit essais avec PEF aux deux sans PEF, sans différence significative entre 30 et 60 min d’extraction, les valeurs moyennes montrent une hausse d’environ 40 % de l’extraction d’huile essentielle avec prétraitement PEF par rapport à la méthode conventionnelle.
Selon les auteurs, « one can assume » (on peut supposer) que, même avec la plus faible énergie délivrée (condition un, 30 min de distillation, E = 1 kV/cm), il est « possible » d’extraire toute l’huile essentielle présente dans 10 g de feuilles sèches de thym. Selon les auteurs, l’application du PEF montre ainsi un effet favorable sur l’efficacité énergétique du procédé, la durée d’extraction étant abaissée à 50 %, de 60 min à 30 min, avec un rendement d’extraction maximal.
Quel bilan énergétique les auteurs donnent-ils ?
Barros et al. écrivent que le chauffe-ballon utilisé a une consommation de 400 W, « corresponding to a 400 Wh energy consumption during the HD process » (correspondant à une consommation d’énergie de 400 Wh pendant l’HD), ce qu’ils reformulent en « 400 W consumed in a HD with a 60 min duration » (400 W consommés pour une HD de 60 min). Dans le même calcul, l’application du PEF selon le protocole du tableau 1 utilise une puissance moyenne de 96 W pendant 62 s de traitement, donnée comme 1,65 Wh. Les auteurs écrivent que le PEF suivi de 30 min d’HD « can represent an energy saving of near 200 W » (peut représenter une économie d’énergie de près de 200 W), de 400 W pour 60 min d’HD à 201,65 W pour 30 min d’HD avec prétraitement PEF.
Comment les auteurs lisent-ils leurs résultats ?
Dans leur discussion, les auteurs écrivent que l’effet du PEF sur l’extraction de l’huile essentielle de thym a été plus net qu’avec l’eucalyptus et le romarin, « for the same PEF protocol and HD conditions » (pour le même protocole PEF et les mêmes conditions d’HD). Leur section des méthodes, de son côté, décrit pour le thym les quatre conditions du tableau 2, et pour une expérience sur l’eucalyptus les paramètres du tableau 1. Selon les auteurs, cette différence « may » (peut) indiquer un mécanisme de désintégration cellulaire différent selon la matière végétale, mais aussi tenir à des états de matière différents, l’eucalyptus et le romarin ayant été utilisés quelques semaines après la récolte (matière fraîche) et le thym étant complètement sec. Selon les auteurs, leurs résultats et ceux rapportés par d’autres auteurs rendent « possible to conclude » (possible de conclure) que l’application du PEF aux matières végétales avant la distillation donne des rendements d’extraction d’huile essentielle plus élevés, par rapport aux méthodes traditionnelles. Ils notent aussi une certaine dispersion dans les résultats rapportés par d’autres auteurs, qui gêne les conclusions, et écrivent que davantage de recherches sont nécessaires.
Dans leur conclusion, Barros et al. écrivent que le traitement par PEF avant HD de feuilles d’eucalyptus et de romarin deux semaines après la récolte, et de thym sec, a un effet favorable sur le rendement en huile essentielle, avec une hausse comprise entre 7 % et 40 %. Selon les auteurs, l’application du PEF a conduit à une « possible reduction » (réduction possible) de la durée d’HD de 60 min à 30 min, « without sacrificing the EO quality » (sans sacrifier la qualité de l’huile essentielle).
Qu’ont mesuré Miloudi et al. (2022) sur la menthe verte ?
Quelle matière et quel équipement ?
Dans l’étude de Miloudi et al. (2022), des échantillons de partie aérienne (feuilles et tiges) de Mentha spicata L. (M. spicata dans la source) ont été récoltés en juin 2021 à Mascara (Algérie), puis séchés à l’air et à l’ombre. Le traitement PEF a utilisé un système conçu et fabriqué par le laboratoire, délivrant des impulsions à décroissance exponentielle sous une haute tension de 6 kV, la fréquence des impulsions étant maintenue constante à 1 Hz. La chambre de traitement comportait deux électrodes planes et parallèles en acier inoxydable, séparées de 1,5 cm. Un échantillon de 20 g avec de l’eau, au rapport eau/matière de 3:1 (mL:g), placé entre les électrodes, a été soumis à un champ électrique de 1 kV/cm ou de 2 kV/cm en 100 ou 200 impulsions à décroissance exponentielle. La température du milieu de traitement, mesurée au thermomètre numérique avant et après le traitement PEF, a toujours varié de moins de 2 °C. L’étude a examiné les effets de l’intensité du champ électrique (1 et 2 kV/cm), du nombre d’impulsions (100 et 200) et de la durée de distillation (30 et 60 min) sur le rendement en huile essentielle.
Quels rendements l’étude a-t-elle rapportés ?
Les rendements moyens en huile essentielle, calculés sur la matière végétale sèche de la partie aérienne, ont été de 0,41 % (30 min), 0,70 % (60 min), 0,89 % (90 min) et 0,94 % (120 min) ; selon les auteurs, le rendement a atteint sa valeur maximale de 0,94 % après 120 min de distillation. Les auteurs ont relevé une hausse non significative de 5,62 % quand la durée de distillation passe de 90 min à 120 min. Avec un PEF de 1 kV/cm, les rendements ont été de 0,46 % et 0,72 % pour des durées de distillation de 30 min et 60 min, la source écrivant « (100 pulses) » après chacune des deux valeurs. À la même intensité avec le double d’impulsions (200n), le rendement a été de 0,50 % après 30 min et de 0,87 % après 60 min de distillation. Selon les auteurs, à 1 kV/cm, le rendement a augmenté par rapport au témoin non traité de 12,20 % pour 100 impulsions à 21,65 % pour 200 impulsions avec 30 min de distillation, et de 2,86 % pour 100 impulsions à 24,26 % pour 200 impulsions avec 60 min. À 2 kV/cm, les rendements ont été de 0,52 % (30 min) et 0,86 % (60 min) avec 100 impulsions, puis de 0,69 % (30 min) et 0,90 % (60 min) avec 200 impulsions. À 2 kV/cm, les auteurs rapportent que le rendement a augmenté par rapport au témoin de 26,83 % (100 impulsions) jusqu’à 68,29 % (200 impulsions) pour 30 min de distillation, et, après 60 min, de 22,86 % (100 impulsions) à 28,57 % (200 impulsions). Après 30 min de distillation avec un PEF de 2 kV/cm et 200 impulsions, ils ont observé un rendement de 0,69 %, qu’ils décrivent comme approximativement le même que celui des échantillons témoins après 60 min de distillation (0,7 %). D’après les résultats de leur figure 4, les auteurs concluent que les paramètres de traitement PEF et d’extraction de l’huile essentielle de Mentha spicata de leur étude sont 2 kV/cm, 200 impulsions et 60 min de distillation. Selon les auteurs, le traitement PEF accélère la cinétique d’extraction des feuilles de M. spicata.
La composition a-t-elle changé ?
Selon le résumé de Miloudi et al., l’analyse GC/MS de M. spicata a montré que la qualité de l’huile n’était pas affectée par le traitement PEF. Les composants majeurs étaient la carvone (31,07 % ; 33,09 % avec PEF), le limonène (13,84 % ; 15,26 % avec PEF), l’eucalyptol (5,17 % ; 5,80 % avec PEF), le dihydrocarvéol (1,74 % ; 2,11 % avec PEF), le caryophyllène (1,46 % ; 1,28 % avec PEF), le germacrène D (1,23 % ; 1,39 % avec PEF) et la fenchone (1,14 % ; 1,09 % avec PEF).
Dans leur conclusion, les auteurs écrivent que l’analyse GC-MS a indiqué que la qualité de l’huile essentielle obtenue après traitement PEF ne s’est pas dégradée, la composition chimique étant presque la même que celle obtenue par la méthode conventionnelle.
Qu’ont mesuré Sukardi et al. (2022) sur le rhizome de galanga rouge ?
Quelle matière et quel équipement ?
Dans l’étude de Sukardi et al. (2022), du rhizome frais de galanga rouge a été collecté dans le jardin d’un agriculteur de la régence de Tumpang-Malang (Indonésie), avec une teneur en eau de 80 ± 5 %. Les rhizomes, récoltés à 12 mois, ont été débarrassés de la saleté et de la terre par lavage à l’eau, égouttés, puis coupés en tranches de 0,5 ± 0,01 cm d’épaisseur. Le générateur PEF est un produit local, étalonné dans un laboratoire haute tension de la Faculté d’ingénierie de l’Universitas Brawijaya. Il demande 300 W de puissance électrique et peut fonctionner à une tension de 5 V à 15 kV, une fréquence de 5 à 15 kHz et une durée d’exposition de 5 s à 2 h, avec une distance cathode–anode réglable de 5 à 40 cm. Dans cette étude, un courant continu (DC) a été utilisé : 3000 g de rhizome de galanga rouge en tranches, dans un sac plastique, ont été traités à 0, 1000, 2000, 3000, 4000 et 5000 V, à une fréquence de 5000 Hz, une durée d’exposition de 30 min et une distance cathode/anode de 25 cm, chaque traitement étant répété trois fois. Le matériau a ensuite été sorti de la chambre et distillé pour obtenir l’huile essentielle.
Quelle énergie spécifique les auteurs ont-ils calculée ?
Dans le tableau 1 de l’étude (« The energy-specific input »), l’énergie, en « kJ/cm3 », est de 0 à 0 V, 181,0086 à 2000 V, 271,5129 à 3000 V, 362,0172 à 4000 V et 452,5216 à 5000 V.
Qu’ont montré les micrographies ?
Sur les micrographies MEB (« SEM »), les échantillons sans PEF présentent des cavités denses, tendant à être fermées. À 3000 V, la cavité cellulaire a commencé à s’ouvrir, et elle s’est ouverte au maximum à 4000 V ; elle a commencé à se refermer partiellement à 5000 V, ce que les auteurs attribuent à un début de dommage cellulaire dû à l’application de la haute tension.
Quels rendements et quelles propriétés l’huile a-t-elle eus ?
Le tableau 2 de l’étude donne, pour l’huile essentielle de galanga rouge, le rendement en %, la densité en g/ml et l’indice de réfraction (dans une colonne notée « (%) ») : témoin 0,300, 0,8682 et 1,4779 ; 1000 V 0,310, 0,8777 et 1,4783 ; 2000 V 0,317, 0,8873 et 1,4806 ; 3000 V 0,340, 0,8812 et 1,4753 ; 4000 V 0,520, 0,8879 et 1,4824 ; 5000 V 0,410, 0,8853 et 1,4788. Selon les auteurs, il n’y avait pas de différence significative de l’indice de réfraction ni de la densité (« specific gravity ») entre l’absence de PEF et le traitement PEF, mais une légère hausse avec le traitement PEF (tableau 2).
La composition a-t-elle changé ?
Dans le tableau 3 de l’étude, les colonnes PEF 3000 V, 4000 V et 5000 V comprennent les composants suivants (% d’aire) : à 3000 V, eucalyptol 29,03, α-terpinéol 14,18, terpinène-4-ol 11,12, chavicol 8,88 et β-pinène 7,89 ; à 4000 V, chavicol 9,04, eucalyptol 8,99, β-farnésène 8,67, α-cadinol 7,85 et β-copaène 6,52 ; à 5000 V, eucalyptol 12,21, chavicol 9,84, β-farnésène 6,71, α-cadinol 6,68 et caryophyllène 6,01. Selon les auteurs, le composé étudié de l’huile de rhizome d’Alpinia purpurata (Vieill.) K.Schum. (A. purpurata dans la source) a montré une différence significative (tableau 3) pour une énergie appliquée supérieure à 90 « kJ/cm3 ».
Qu’ont mesuré Gu et al. (2026) sur les feuilles de Wurfbainia villosa ?
Quelle matière et quel procédé ?
Dans l’étude de Gu et al. (2026), des feuilles fraîches de Wurfbainia villosa (Lour.) Škorničk. & A.D.Poulsen (W. villosa dans la source) ont été récoltées le 16 octobre 2024 sur une base de culture de Chenwuzhai (sous-district de Chuncheng, ville de Yangchun, province du Guangdong, Chine) et conservées immédiatement à −20 °C jusqu’à l’emploi. Les feuilles ont été coupées en segments d’environ 3 cm, et 50,0 g exactement de segments ont été mélangés à un volume déterminé d’eau distillée. Après 1 h de trempage, le mélange a été traité dans une chambre PEF, puis l’huile volatile a été extraite par hydrodistillation selon la règle générale 2204 de la Pharmacopée chinoise (édition 2020). L’équipement cité comprend un extracteur d’huile volatile de cinq millilitres et un système à champ électrique pulsé haute tension PEF-SY-12 K (Guangzhou Paihu Technology Co., Ltd., Chine). L’équation du rendement définit Y, le rendement d’extraction de l’huile volatile (g/100 g), à partir de m, la masse d’huile volatile, et de M, le poids sec des feuilles de W. villosa.
Quelles conditions ont été testées ?
L’optimisation a combiné des essais à un facteur et la méthodologie des surfaces de réponse. Pour les essais à un facteur, les niveaux étaient de 0,31, 0,64, 0,98, 1,31 et 1,60 kV/cm pour l’intensité du champ électrique, de 120, 180, 240, 300 et 360 pour le nombre d’impulsions, et de 1:4, 1:6, 1:8, 1:10 et 1:12 g/mL pour le rapport solide-liquide. Le rendement en huile volatile a augmenté avec l’intensité du champ jusqu’à 0,64 kV/cm, avec un maximum de 0,543 g/100 g, puis a diminué significativement, d’environ 12,34 % à 1,6 kV/cm par rapport à ce maximum. Les auteurs écrivent que vers 0,64 kV/cm ou au-delà, la perméabilisation membranaire « likely saturates » (sature probablement). Dans cette série, 0,64 kV/cm a été identifié comme l’intensité de champ optimale. Le rendement a augmenté jusqu’à 300 impulsions, avec un maximum de 0,569 g/100 g, puis a diminué d’environ 11,42 % à 360 impulsions. Selon les auteurs, cette réponse biphasique « may » (peut) tenir à des mécanismes concurrents. Dans cette série, 300 impulsions ont été retenues comme optimum.
Le rendement a dépendu du rapport solide-liquide de façon parabolique, avec un maximum de 0,777 g/100 g au rapport 1:6 g/mL et une forte baisse à 0,337 g/100 g au rapport 1:12 g/mL, soit une réduction d’environ 56,6 % par rapport au rendement maximal.
Quelle était la composition de l’huile ?
Selon l’analyse GC–MS de Gu et al., l’huile volatile des feuilles de W. villosa extraite par PEF-HD comptait 59 composés identifiés, répartis en cinq grandes classes : terpènes (16 composés, 66,74 %), terpénoïdes oxygénés (27 composés, 25,82 %), composés aliphatiques (8 composés, 3,47 %), dérivés aromatiques/à cycle benzénique (4 composés, 3,11 %) et autres (4 composés, 0,86 %). Terpènes et terpénoïdes oxygénés représentaient ensemble 92,56 % de l’huile. Dans la même analyse, les cinq monoterpènes les plus abondants étaient le β-phellandrène (29,95 %), le D-limonène (9,02 %), le γ-terpinène (8,46 %), le β-pinène (7,14 %) et le 4-carène (2,64 %). Les alcools les plus abondants étaient le « 4-terpineol » (6,29 %) et l’α-terpinéol (4,39 %), suivis du linalol (2,58 %) et du myrténol (2,55 %). Les principales cétones étaient la pinocarvone (1,24 %) et l’isopinocamphone (1,22 %), et le myrténal (2,20 %) était l’aldéhyde prédominant.
Qu’a observé une étude sur les taxanes des aiguilles de Taxus cuspidata ?
Dans les essais à un facteur de Zhao et al. (2022) sur l’extraction des taxanes — des composés qui ne sont pas une huile essentielle — des aiguilles de Taxus cuspidata Siebold & Zucc., les teneurs en taxanes ont augmenté progressivement avec l’intensité du champ électrique jusqu’à un maximum, et les rendements des composés cibles ont diminué au-delà de l’intensité de ce maximum. Les auteurs écrivent « We speculate » (ils supposent) que ce résultat « may » (pourrait) être lié à plusieurs facteurs, et qu’il est « reasonable to infer » (raisonnable d’inférer) que les taxanes « may » (pourraient) être dégradés par l’effet d’échauffement Joule.
Références
- Barros M., Redondo L.M., Rego D., Serra C., Miloudi K. Extraction of Essential Oils from Plants by Hydrodistillation with Pulsed Electric Fields (PEF) Pre-Treatment. Applied Sciences 2022;12(16):8107. doi:10.3390/app12168107 — https://mdpi-res.com/d_attachment/applsci/applsci-12-08107/article_deploy/applsci-12-08107.pdf
- Miloudi K., Hamimed A., Bouhadda Y., Benmimoun Y., Belhouala K., Benarba B. Impact of pulsed electric field treatment for extracting essential oil from Mentha Spicata L. International Journal of Electrochemical Science 2022;17:220829. doi:10.20964/2022.08.41 — http://electrochemsci.org/papers/vol17/220829.pdf
- Sukardi S., Pulungan M.H., Asmara S.N.L. Pulsed electric field energy calculation to damage red galangal (Alpinia purpurata, K. Scumm) rhizome slices and its essential oil yield and quality with hydrodistillation. Česká a slovenská farmacie 2022;71:103-115 — http://csfarmacie.cz/doi/10.5817/CSF2022-3-103.pdf
- Gu Y., Lv B., Xie X., Nian X., Yang X. Antibacterial mechanism of pulsed electric field-assisted extracted volatile oil from Wurfbainia villosa leaves against Escherichia coli and Staphylococcus aureus. Frontiers in Microbiology 2026;17:1828154. doi:10.3389/fmicb.2026.1828154 — https://www.ebi.ac.uk/europepmc/webservices/rest/PMC13226615/fullTextXML
- Zhao Z., Zhang Y., Meng H., Li W., Wang S. Identification and Optimization of a Novel Taxanes Extraction Process from Taxus cuspidata Needles by High-Intensity Pulsed Electric Field. Molecules 2022;27(9):3010. doi:10.3390/molecules27093010 — https://www.ebi.ac.uk/europepmc/webservices/rest/PMC9104932/fullTextXML
- Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew — https://sftp.kew.org/pub/data-repositories/WCVP/wcvp.zip