Plantes · Résines & Gommes
Myrrhe (Commiphora myrrha) : espèces et identité botanique
Commiphora myrrha (T.Nees) Engl.
- Famille
- Burseraceae
Espèce
| Binôme | Commiphora myrrha |
|---|---|
| Nom accepté | Commiphora myrrha (T.Nees) Engl. |
| Statut WCVP | accepté |
| Famille | Burseraceae |
| Identifiant IPNI | urn:lsid:ipni.org:names:127741-1 |
Source : Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew, consulté le 21/09/2026.
Quelles espèces le nom de myrrhe désigne-t-il ?
Dans la World Checklist of Vascular Plants (WCVP, Kew), extrait lu le 02/10/2026, le nom d’identifiant 2733595 a le rang « Species », le statut « Accepted » et la famille Burseraceae : Commiphora myrrha (T.Nees) Engl. Dans le même extrait, Commiphora molmol, de rang « Species », a le statut « Synonym » et se rattache au nom accepté 2733595 , avec l’auteur (Engl.) Engl. ex Tschirch. Le même extrait rattache à ce nom accepté, comme synonyme de rang « Variety », la variété molmol de Commiphora myrrha, auteur Engl. Il y rattache de la même façon la variété grossedentata de Commiphora habessinica, auteur Chiov.
La page de l’EMA « Myrrha - herbal medicinal product », consultée le 02/10/2026, donne « myrrh » comme nom commun de la résine de la plante Commiphora molmol Engler, nom employé par l’EMA. Dans sa rubrique « Key facts », la même page donne le nom latin « Myrrha », le nom commun anglais « Myrrh » et le nom botanique « Commiphora molmol Engler ».
Quelles autres espèces le rapport du HMPC nomme-t-il ?
Dans l’extrait WCVP, le nom d’identifiant 2733548 est un autre nom de rang « Species » au statut « Accepted », dans la famille Burseraceae : Commiphora kua (R.Br. ex Royle) Vollesen. Le même extrait rattache à Commiphora kua, et non à Commiphora myrrha, le synonyme de rang « Species » Commiphora abyssinica (Engl.) Engl. Il rattache aussi à Commiphora kua le synonyme de rang « Species » Commiphora habessinica (O.Berg) Engl. Dans le même extrait, le nom d’identifiant 2733671 a le rang « Species », le statut « Accepted » et la famille Burseraceae : Commiphora schimperi (O.Berg) Engl.
L’addendum de 2018 à ce rapport (EMA/HMPC/364552/2018, 24 juillet 2018) indique que, dans la définition de la monographie de la Pharmacopée européenne sur la myrrhe (référence 1349), le nom botanique préféré de la plante est Commiphora myrrha (Nees) Engl., et que Commiphora molmol y figure comme synonyme , écrit « Commiphora molmol (Engl.) Engl. Ex Tschirch ».
Comment les autres pharmacopées nomment-elles la source ?
Selon la revue de Yang et de ses coauteurs (2024), la Pharmacopée chinoise (ChP) décrit deux types de myrrhe, la myrrhe naturelle et la myrrhe colloïdale, dont la source végétale est la résine séchée de Commiphora myrrha ou de Commiphora molmol, de la famille des Burseraceae. Selon la même revue, la Pharmacopée des États-Unis (USP) définit comme myrrhe les résines produites par Commiphora myrrha et d’autres membres de la famille des Burseraceae, et comme guggul les résines produites par Commiphora wightii. Dans la WCVP, extrait lu le 02/10/2026, Commiphora wightii (Arn.) Bhandari a le statut « Accepted » et se rattache à son propre identifiant, 2733729, comme nom accepté ; l’auteur entre parenthèses est « Arn. » et l’auteur principal « Bhandari ».
Comment la myrrhe est-elle obtenue de l’arbre ?
Selon la revue de Yang et de ses coauteurs (2024), le genre Commiphora est un arbuste bas ou un arbre, dont la hauteur dépasse rarement 3 m, aux nombreuses branches irrégulières, épineuses et grossières.
Le rapport d’évaluation du HMPC de 2011 définit la substance végétale comme une gomme-résine durcie à l’air, obtenue par incision ou produite par exsudation spontanée à partir de la tige et des branches de Commiphora molmol Engler et/ou d’autres espèces de Commiphora, conforme à la monographie de la Pharmacopée européenne 01/2008:1349.
Quel est le statut de conservation et CITES de la myrrhe ?
Selon Species+, fiche taxon 104876 lue le 02/10/2026, le genre Commiphora Jacq. porte la valeur d’inscription CITES « II/NC », et son inscription en vigueur à l’annexe II, sans partie nommée, a pour date d’effet le 05/03/2026. La même fiche donne à cette inscription du genre à l’annexe II l’annotation « CoP20 #19 », dont le texte anglais est : « Extracts (including resins, gums and essential oils) and powder, except the following finished products, packaged and ready for retail trade: finished tablets, capsules, pills, perfumes, cosmetics, solutions, emulsions or suspensions (such as infused oils, hydrolates, tinctures), and manufactured incense products (such as incense sticks and incense cones). »
Selon le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026, dont l’article 1er remplace l’annexe du règlement (CE) n° 338/97, Commiphora wightii (Arn.) Bhandari, que le règlement écrit sans nom d’auteur, figure dans la colonne « Annexe B » de cette annexe, avec la mention « (II) » et l’annotation « #19 ». Aux termes de son article 2, le règlement entre en vigueur le troisième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
De quoi la myrrhe est-elle composée ?
Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2011, la myrrhe se compose d’huile volatile, de résine et de gomme, et les principaux constituants de l’huile volatile sont des furano-sesquiterpènes, avec le « furanodesma-1.3-diene » comme composant principal. Le même rapport compte parmi les composants importants de la résine des acides commiphoriques, des heerabomyrrhols, l’heeraboresène, la commiférine, la burséracine et divers terpènes, et nomme les stéroïdes campestérol, cholestérol et sitostérol comme également présents. Dans le tableau 3 (« Terpenoids ») de la revue de Yang et de ses coauteurs (2024), le furanoeudesma-1,3-diène et le lindestrène sont listés pour Commiphora myrrha et Commiphora molmol, avec le type « Eudesmane ».
Quels composés ont été isolés ?
Citant Zhu (2003), le rapport indique que six sesquiterpènes aromatiques ont été isolés de Commiphora myrrha Engler, là encore sans préciser la partie de la plante. Citant Rahman (2008), le rapport indique que les octanordammaranes mansumbinone et « 3.4-seco-mansumbinoic acid », ainsi que les sesquiterpènes élémène et T-cadinol, ont été isolés de l’oléo-résine de Commiphora molmol Engler. Citant Wiendl (1995), le rapport indique que la fraction de gomme hydrosoluble de la myrrhe (40 % m/m) a été trouvée composée d’un mélange de protéoglycanes où dominent des polymères riches en acides uroniques.
Quelles monographies décrivent la myrrhe ?
Selon la base de connaissances de la Pharmacopée européenne (EDQM), consultée le 02/10/2026, la monographie numéro 01349 porte le statut « In use », le nom anglais « Myrrh », le nom français « Myrrhe » et le nom latin « Myrrha ». La légende de la même page EDQM indique que le statut « in use » signifie que la monographie est publiée dans la Pharmacopée européenne. La base donne à la monographie 01349 la mention Pharmeuropa « 27.3 », une dernière publication en anglais « 9.2 » et une dernière publication en français « 10.0 ». Dans la même base, la monographie numéro 01877 porte le statut « In use », le nom anglais « Myrrh tincture », le nom français « Myrrhe (teinture de) » et le nom latin « Myrrhae tinctura ». La monographie 01877 porte la mention Pharmeuropa « 27.3 » et une dernière publication « 10.0 » en anglais comme en français.
La note 1 de la section 2 de la monographie communautaire du HMPC (EMA/HMPC/96911/2010, 12 juillet 2011) indique que la matière est conforme à la monographie de la Pharmacopée européenne de référence 01/2008:1349 corrigée 6.0. Le rapport d’évaluation du HMPC de 2011 désigne comme préparation végétale évaluée la teinture de myrrhe (1:5 ; solvant d’extraction : éthanol à 90 % V/V), monographie de la Pharmacopée européenne 01/2008:1877. Sur la page de l’EMA consacrée à Myrrha, consultée le 02/10/2026, le statut du dossier est « C: ongoing call for scientific data », et un appel de données scientifiques pour la revue périodique de la monographie sur Myrrha a été ouvert du 01/04/2024 au 30/06/2024.
Que fixent les autres pharmacopées pour la myrrhe ?
Selon la revue de Yang et de ses coauteurs (2024), la Pharmacopée chinoise fixe la teneur en huile volatile de la myrrhe naturelle à au moins 4 % (mL/g) et celle de la myrrhe colloïdale à au moins 2 % (mL/g). Selon la même revue, l’USP exige pour la myrrhe une teneur en extraits solubles dans l’alcool comprise entre 40 et 70 %, une teneur en extraits hydrosolubles d’au moins 50 % et une teneur en huile volatile d’au moins 6,0 %. La revue indique que l’identification de la myrrhe dans les pharmacopées des différents pays repose principalement sur l’identification sur couche mince et sur des méthodes chimiques.
Que rapportent les études chez l’animal et en laboratoire ?
Toxicité aiguë et à doses répétées
Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2011, la DL50 orale aiguë de l’huile de myrrhe chez le rat est rapportée à 1,65 g/kg de poids corporel (1,40-1,90 g/kg) (Opdyke 1976), le procédé d’obtention de l’huile n’étant pas précisé. Dans une étude expérimentale citée par le rapport (Omer 1999), de la résine de myrrhe donnée quotidiennement à des chevreaux de 6 mois a entraîné la mort entre le 5e et le 16e jour aux doses de 1 et 5 g/kg de poids corporel par jour.
La myrrhe sensibilise-t-elle la peau dans les essais ?
Dans l’essai de stimulation locale des ganglions lymphatiques (LLNA) chez la souris cité par le rapport (Lv 2009), la myrrhe a produit une prolifération cellulaire dose-dépendante, l’indice de stimulation au LLNA radioactif était supérieur à 3, ce qui indique selon le rapport un « dermal sensitising potential » (potentiel de sensibilisation cutanée), et l’analyse par cytométrie de flux a indiqué que la myrrhe est un sensibilisant faible. Citant Opdyke (1976), le même rapport indique qu’aucune irritation, aucune sensibilisation (chez 21 volontaires) ni aucune phototoxicité n’ont été trouvées pour l’huile de myrrhe.
Génotoxicité, reproduction, cancérogénicité
Dans ses conclusions toxicologiques, le rapport d’évaluation du HMPC de 2011 indique que les données non cliniques sur la toxicité de la gomme-résine de Commiphora molmol Engler sont incomplètes, et qu’il n’existe aucun rapport sur la toxicité pour la reproduction et le développement. Les mêmes conclusions indiquent que des tests de génotoxicité limités (test du micronoyau chez la souris) ont été réalisés et n’ont indiqué aucun « genotoxic potential » (potentiel génotoxique). La section 5.3 de la monographie communautaire du HMPC indique que des tests de génotoxicité adéquats n’ont pas été réalisés, et que les tests de toxicité pour la reproduction et de « carcinogenic potential » (potentiel cancérogène) n’ont pas été réalisés.
Que rapporte-t-on des réactions cutanées chez l’humain ?
Citant Lee (1993a, 1993b), le rapport d’évaluation du HMPC de 2011 indique qu’une dermatite allergique de contact causée par la solution orthopédique chinoise tieh ta yao gin a été démontrée comme due à sa teneur en myrrhe et en mastic. Le rapport indique que deux cas de dermatite de contact dus à des emplâtres contenant de la myrrhe ont été rapportés (Gallo 1999). Il indique aussi qu’une forte allergie à une solution de myrrhe et à de la poudre de myrrhe, consécutive à l’application de ces produits, est rapportée (Al-Suwaidan 1998). Dans ses conclusions sur la sécurité clinique, le rapport indique que très peu d’informations de sécurité clinique sont disponibles et qu’il existe quelques rapports de réactions cutanées allergiques dans la littérature. Dans ses conclusions générales, le rapport indique que quelques rapports de cas cliniques dans la littérature et les résultats de tests chez la souris indiquent une possibilité de réactions cutanées allergiques. La page de l’EMA consacrée à Myrrha indique que des réactions cutanées allergiques ont été rapportées avec les médicaments à base de myrrhe, et que leur fréquence n’est pas connue. La section 4.8 de la monographie communautaire du HMPC indique que des réactions cutanées allergiques ont été rapportées, avec une fréquence qui n’est pas connue.
Que consigne la monographie sur le surdosage et les interactions ?
La section 4.9 de la même monographie indique qu’aucun cas de surdosage n’a été rapporté. À la section 4.5 (interactions avec d’autres médicaments et autres formes d’interaction), la monographie indique « None reported » (aucune rapportée).
Références
- Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew — https://sftp.kew.org/pub/data-repositories/WCVP/wcvp.zip
- EMA, page « Myrrha - herbal medicinal product », consultée le 02/10/2026 — https://www.ema.europa.eu/en/medicines/herbal/myrrha
- EMA/HMPC, « Assessment report on Commiphora molmol Engler, gummi-resina », Final, EMA/HMPC/96910/2010, 12 juillet 2011 — https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-commiphora-molmol-engler-gummi-resina_en.pdf
- EMA/HMPC, « Addendum to Assessment report on Commiphora molmol Engler, gummi-resina », EMA/HMPC/364552/2018, 24 juillet 2018 — https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/addendum-assessment-report-commiphora-molmol-engler-gummi-resina_en.pdf
- EMA/HMPC, « Community herbal monograph on Commiphora molmol Engler, gummi-resina », Final, EMA/HMPC/96911/2010, adoptée le 12 juillet 2011 — https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-monograph/final-community-herbal-monograph-commiphora-molmol-engler-gummi-resina_en.pdf
- Yang Y., Sun X., Peng C., Wei J. et al. The Genus Commiphora: An Overview of Its Traditional Uses, Phytochemistry, Pharmacology, and Quality Control. Pharmaceuticals 2024;17(11):1524. doi:10.3390/ph17111524 — https://www.ebi.ac.uk/europepmc/webservices/rest/PMC11597752/fullTextXML
- Species+, fiche taxon 104876 Commiphora Jacq. (genre, Burseraceae), consultée le 02/10/2026 — https://speciesplus.net/api/v1/taxon_concepts/104876?taxonomy=cites_eu
- EDQM, base de connaissances de la Pharmacopée européenne, monographie 1349 « Myrrh » / « Myrrhe » / « Myrrha », consultée le 02/10/2026 — https://extranet.edqm.eu/4DLink1/4DCGI/Web_View/mono/1349
- EDQM, base de connaissances de la Pharmacopée européenne, monographie 1877 « Myrrh tincture » / « Myrrhe (teinture de) » / « Myrrhae tinctura », consultée le 02/10/2026 — https://extranet.edqm.eu/4DLink1/4DCGI/Web_View/mono/1877