Espèce

BinômeRosmarinus officinalis
Nom acceptéSalvia rosmarinus Spenn.
Statut POWOsynonyme
FamilleLamiaceae
GenreSalvia
Identifiant IPNIurn:lsid:ipni.org:names:457138-1

Source : Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew, consulté le 21/09/2026.

Qu’est-ce que le chémotype camphre de l’huile de romarin ?

Selon Guelifet et ses coauteurs (2025), leurs résultats établissent que la population de romarin sauvage étudiée en Algérie appartient au chémotype camphre–alpha-pinène, qu’ils distinguent du chémotype verbénone–acétate de bornyle courant dans les variétés cultivées et du chémotype 1,8-cinéole–camphre répandu dans certaines régions méditerranéennes ; ils le décrivent comme cohérent avec le type roumain mais distinct de la référence tunisienne. Le rapport d’évaluation du HMPC sur le romarin (EMA/HMPC/681037/2021, 2024) indique que la structure du squelette carboné des principaux constituants de l’huile essentielle oriente vers trois types biogénétiques : le type eucalyptol (Italie, Maroc et Tunisie), le type camphre-bornéol (Espagne) et le type alpha-pinène-verbénone (France, Corse) ; le paragraphe se clôt sur une référence à Chandler (1985), et les trois types ne portent pas de référence propre.

De quelle espèce l’huile est-elle tirée ?

Dans la World Checklist of Vascular Plants (WCVP, Kew), extrait lu le 02/10/2026, le nom d’identifiant 183733 est de rang « Species », au statut « Accepted », dans la famille Lamiaceae : Salvia rosmarinus Spenn. Dans le même extrait, Rosmarinus officinalis, de rang « Species », porte le statut « Synonym » et se rattache au nom accepté 183733 , avec l’auteur L.

Sur la page de l’EMA « Rosmarini aetheroleum », lue le 02/10/2026, la substance porte le nom latin « Rosmarini aetheroleum », le nom commun anglais « Rosemary oil », le statut « F: Assessment finalised » et le nom botanique « Rosmarinus officinalis L. »

Quelles plantes appelées romarin n’en sont pas ?

Citant Chandler (1985), le rapport d’évaluation du HMPC de 2024 indique que le « bog rosemary » (espèces d’Andromeda) et le « wild or March rosemary » appartiennent à la famille « Ericacea » et ne sont pas apparentés au romarin ; le rapport nomme ce dernier Ledum palustre L.

Dans la WCVP (extrait lu le 02/10/2026), Ledum palustre L. porte le statut « Synonym » et se rattache au nom accepté d’identifiant 2427484, au statut « Accepted » : Rhododendron tomentosum Harmaja (Ledum palustre L. dans le rapport).

Comment l’huile de romarin est-elle définie ?

La section 2 de la monographie de l’Union européenne sur l’huile de romarin (EMA/HMPC/513893/2021, révision 1, 2024) vise l’huile essentielle (« rosemary oil ») et indique que le matériel est conforme à la monographie 01/2008:1846 de la Pharmacopée européenne ; son intitulé est « Rosmarinus officinalis L., aetheroleum ». Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2024, la Pharmacopée européenne (01/2008:1846) définit l’huile de romarin comme l’huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur des parties aériennes de la plante, un liquide limpide, mobile, incolore ou jaune pâle, d’odeur caractéristique, dont la composition chimique est complexe ; la plante y est nommée Rosmarinus officinalis L.

Quelles fourchettes de composition la Pharmacopée européenne fixe-t-elle ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2024, une huile comprise dans les fourchettes de conformité à la Pharmacopée européenne (01/2008:1846) présente une teneur en camphre de 13,0 à 21,0 % pour le type espagnol et de 5,0 à 15,0 % pour le type marocain et tunisien. Pour le cinéole, ces fourchettes sont de 16,0 à 25,0 % pour le type espagnol et de 38,0 à 55,0 % pour le type marocain et tunisien. Pour l’alpha-pinène, elles sont de 18 à 26 % pour le type espagnol et de 9,0 à 14,0 % pour le type marocain et tunisien ; pour le camphène, de 8,0 à 12,0 % et de 2,5 à 6,0 %. Pour l’acétate de bornyle, elles sont de 0,5 à 2,5 % pour le type espagnol et de 0,1 à 1,5 % pour le type marocain et tunisien ; pour le bornéol, de 2,0 à 4,5 % et de 1,5 à 5,0 %. Pour la verbénone, elles sont de 0,7 à 2,5 % pour le type espagnol et au plus de 0,4 % pour le type marocain et tunisien. Pour le type espagnol puis pour le type marocain et tunisien, le rapport donne : bêta-pinène 2,0–6,0 % et 4,0–9,0 % ; bêta-myrcène 1,5–5,0 % et 1,0–2,0 % ; limonène 2,5–5,0 % et 1,5–4,0 % ; p-cymène 1,0–2,2 % et 0,8–2,5 % ; alpha-terpinéol 1,0–3,5 % et 1,0–2,6 %.

Qu’a montré une étude du romarin sauvage d’Algérie ?

Guelifet et ses coauteurs (2025) ont étudié des huiles essentielles de plantes sauvages récoltées en Algérie ; les parties aériennes ont été récoltées sur la période 2022–2023, au milieu de chaque saison (automne, hiver, printemps et été) , la plante étant nommée Rosmarinus officinalis L. (Salvia rosmarinus Spenn.) dans la source. Le matériel a été séché à l’ombre à température ambiante pendant 15 jours, puis les parties aériennes réduites en poudre ont été soumises à trois techniques d’extraction : hydrodistillation (HD), distillation à la vapeur (SD) et distillation assistée par micro-ondes (MD). Les huiles ont été analysées par chromatographie en phase gazeuse avec détection à ionisation de flamme (GC-FID) pour la quantification et par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC–MS) pour l’identification des composés.

Quelle était la composition de ces huiles ?

Dans ces huiles, le camphre est ressorti comme composé prédominant à toutes les saisons et pour toutes les méthodes d’extraction, à des teneurs de 21,95 % à 36,52 %, suivi de l’alpha-pinène (7,31–21,72 %), du camphène (7,84–18,23 %) et du 1,8-cinéole (7,65–14,53 %) ; parmi les autres constituants figurent le bornéol (1,42–6,57 %), le 4-terpinéol (0,82–6,48 %) et l’alpha-terpinéol (0,58–2,72 %). Selon les auteurs, la distillation assistée par micro-ondes a donné des huiles plus riches en monoterpènes oxygénés (54,27–59,65 %), le camphre y atteignant 36,52 %, contre 28,47 % dans les huiles obtenues par distillation à la vapeur. Les récoltes de printemps ont donné une proportion de composés identifiés plus élevée que les autres saisons (98,92–99,02 %), enrichies notamment en alpha-pinène (jusqu’à 21,72 % par distillation à la vapeur) et en camphène (18,23 %), avec une teneur élevée en camphre (36,52 % par distillation assistée par micro-ondes) et du 1,8-cinéole (14,53 %). Les auteurs écrivent que les chémotypes dominés par le camphre sont courants dans le romarin sauvage d’Afrique du Nord et le romarin cultivé d’Amérique du Sud, et que leur concentration maximale en camphre (36,52 ± 1,8 %) recoupe des valeurs rapportées au Mexique.

Combien de chémotypes de l’huile de romarin sont décrits ?

Dans l’étude de Satyal et ses coauteurs (2017), une analyse de classification hiérarchique fondée sur les compositions des huiles des auteurs et sur 72 compositions rapportées dans la littérature a révélé au moins cinq chémotypes différents d’huile de romarin. Les cinq chémotypes sont : (1) alpha-pinène/1,8-cinéole, (2) verbénone/alpha-pinène/camphre/1,8-cinéole, (3) myrcène/1,8-cinéole/camphre, (4) 1,8-cinéole/camphre/alpha-pinène et (5) alpha-pinène/bêta-pinène/camphène. Le chémotype 4 est dominé par le 1,8-cinéole, regroupe 33 échantillons et, selon les auteurs, peut être considéré comme comparable au chémotype « cineoliferum » décrit par Napoli et ses collaborateurs.

Quelle norme ISO vise l’huile de romarin ?

Selon la fiche du catalogue ISO (copie archivée du 04/06/2026), ISO 1342:2012 est l’édition 3, publiée en 2012-10, compte 11 pages et relève du comité technique ISO/TC 54 ; son titre est « Essential oil of rosemary (Rosmarinus officinalis L.) ». Le résumé de la fiche indique qu’ISO 1342:2012 spécifie certaines caractéristiques de l’huile essentielle de romarin afin de faciliter l’évaluation de sa qualité ; le résumé ne nomme ni type ni origine. La fiche indique qu’ISO 1342:2012 a été réexaminée et confirmée en 2023 (stade 90.93 « International Standard confirmed », 2023-03-10), et que cette version reste donc en vigueur. Dans la rubrique « Life cycle » de la fiche, l’édition précédente, ISO 1342:2000, porte le statut « Withdrawn ».

Comment le camphre est-il identifié et réglementé ?

Dans l’API de recherche ECHA CHEM (requête « 76-22-2 », lue le 02/10/2026), la substance d’identifiant 100.000.860 porte le nom « Bornan-2-one », le numéro CE 200-945-0, le numéro CAS 76-22-2, le nom IUPAC « 1,7,7-trimethylbicyclo[2.2.1]heptan-2-one », la formule C10H16O et le nom IUPAC masqué « Camphor ». Le règlement (UE) 2023/1545 ajoute à l’annexe III du règlement (CE) n° 1223/2009 l’entrée 331, qui vise le camphre (Bornan-2-one ; 1,7,7-Trimethylbi-cyclo[2.2.1]-2-heptanone, marqué de la note (*4) ; CAS 76-22-2/ 21368-68-3/ 464-49-3/ 464-48-2 ; CE 200-945-0/ 244-350-4/ 207-355-2/ 207-354-7) : sa présence est à indiquer dans la liste des ingrédients lorsque sa concentration dépasse 0,001 % dans les produits sans rinçage et 0,01 % dans les produits rincés. Selon la note (*4) du même règlement, les produits cosmétiques contenant une substance ainsi marquée qui ne respectent pas la ou les restrictions peuvent être mis sur le marché de l’Union jusqu’au 31 juillet 2026 et mis à disposition sur ce marché jusqu’au 31 juillet 2028.

Quels effets indésirables sont documentés pour l’huile de romarin ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2024, une intoxication grave par le romarin ou son huile n’est pas rapportée ; des problèmes potentiels de gastro-entérite et de néphrite après l’ingestion de grandes quantités d’huile sont mentionnés dans la littérature, mais ne se rapportent pas à des cas réels (Bisset et Wichtl, 1994). Pour l’huile essentielle, le même rapport indique que des cas d’hypersensibilité (asthme) ont été trouvés dans la littérature, et que leur fréquence n’est pas connue. La section 4.8 de la monographie de l’Union européenne de 2024 sur l’huile de romarin liste comme effets indésirables une hypersensibilité (dermatite de contact), classée « Immune system disorders », et une hypersensibilité (asthme), classée « Respiratory, thoracic and mediastinal disorders », de fréquence non connue l’une et l’autre. La section 4.9 de la même monographie indique qu’aucun cas de surdosage n’a été rapporté.

Que rapportent les études de laboratoire et chez l’animal ?

Citant Fahim et ses coauteurs (1999), le rapport d’évaluation du HMPC de 2024 indique qu’une huile essentielle de romarin a présenté chez le rat une dose létale 50 (DL50) de 5,5 g/kg de poids corporel par voie intragastrique, et un effet létal sur tous les animaux à une dose intragastrique de 0,9 g/100 g de poids corporel. La section 5.3 de la monographie de l’Union européenne de 2024 indique que les essais de toxicité pour la reproduction, de génotoxicité et de cancérogénicité n’ont pas été réalisés. Le rapport d’évaluation indique qu’aucun essai de génotoxicité conforme aux lignes directrices n’est disponible pour les extraits de romarin ou pour l’huile essentielle de romarin. Citant Gomes-Carneiro et ses coauteurs (1998), le rapport indique que le camphre n’a pas montré d’activité mutagène sur les souches TA 1535, TA 1538, TA 98 et TA 100 de Salmonella typhimurium, avec et sans activation S9, et qu’aucun effet mutagène n’a été trouvé avec le d,l-camphre sur les souches TA 97a, TA 98, TA 100 et TA 102, avec et sans activation métabolique. Le rapport indique qu’aucune étude de cancérogénicité n’est disponible pour les extraits ou l’huile essentielle de romarin, ni pour le camphre ; dans un essai de réponse tumorale pulmonaire, le d-camphre injecté par voie intrapéritonéale à des souris A/He (groupes de 15 mâles et femelles), trois fois par semaine pendant 8 semaines, à des doses totales de 3,6 et 18 g/kg de poids corporel, n’a induit aucune augmentation des tumeurs pulmonaires primitives et n’a pas été considéré par les auteurs comme cancérogène pour le poumon (Stoner et ses coauteurs, 1973).

Qu’est-il documenté sur l’intoxication au camphre ?

Citant Barnes et ses coauteurs (2002), le rapport d’évaluation du HMPC de 2024 indique que, par voie orale, le camphre provoque facilement des convulsions épileptiformes s’il est pris en quantité suffisante. Le même rapport indique que, bien que les préparations de romarin contiennent des quantités variables de camphre, aucune donnée humaine n’appuie la survenue de convulsions comme complication de l’ingestion d’extraits de romarin. Citant l’EFSA (2008b), le rapport indique que l’intoxication au camphre chez l’humain comprend stimulation du système nerveux central, irritation buccale et gastrique, nausées et vomissements, excitation, hallucinations, délire, excitabilité musculaire, tremblements, convulsions et rétention urinaire, et que localement le camphre peut irriter la peau, les yeux et les muqueuses des voies respiratoires. Selon le rapport, le même document de l’EFSA mentionne que les intoxications présentes dans la littérature concernent en général l’ingestion accidentelle d’huile camphrée (20 % de camphre dans de l’huile de coton). Citant l’EFSA (2008b), le rapport indique que 20 enfants âgés de 1 à 4 ans sont tombés malades avec des convulsions après l’ingestion de 1 à 1,5 cuillère à soupe d’huile camphrée, soit environ 3 à 4,5 g de camphre. Citant la même source, le rapport indique qu’une revue de la littérature portant sur 64 cas a relevé 6 décès, et que chez un enfant de 19 mois l’ingestion de 1 g de camphre dans de l’huile camphrée a été mortelle. Citant l’EFSA (2008b) pour un cas publié récent, le rapport décrit un garçon de 10 ans qui s’est présenté aux urgences avec léthargie, nausées, vomissements et frissons, 24 h après avoir mâché trois patchs transdermiques vendus sans ordonnance, contenant 4,7 % de camphre (95,4 mg par patch) et 2,6 % de menthol. Dans la phrase qui suit la référence à l’EFSA, le rapport ajoute qu’en supposant un poids de 30 kg, cela correspondrait à 10 mg/kg de poids corporel de camphre. L’issue n’est pas donnée dans le passage. Selon le rapport, l’American Academy of Pediatrics (1978) a conclu que, si des adultes se sont rétablis après l’ingestion de jusqu’à 43 g de camphre, l’ingestion de 2 g produit en général des effets dangereux, et que chez l’enfant l’ingestion de 0,7 à 1,0 g de camphre s’est révélée mortelle.

Références