Introduction
Huile essentielle de romarin, chémotype à verbénone

Espèce

BinômeRosmarinus officinalis
Nom acceptéSalvia rosmarinus Spenn.
Statut POWOsynonyme
FamilleLamiaceae
GenreSalvia
Identifiant IPNIurn:lsid:ipni.org:names:457138-1

Source : Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew, consulté le 21/09/2026.

Qu’est-ce que le chémotype à verbénone de l’huile de romarin ?

Dans l’analyse de classification hiérarchique de Satyal et collaborateurs (2017), le chémotype 2, dominé par la verbénone et assimilé par les auteurs au chémotype verbenoniferum, regroupe huit échantillons, dont l’échantillon du Yémen de l’étude. Le rapport d’évaluation du HMPC sur l’huile de romarin (EMA/HMPC/681037/2021, révision 1, 29/05/2024), dans un paragraphe qui se clôt sur une référence à Chandler (1985), indique que le squelette carboné des principaux constituants de l’huile essentielle oriente vers trois types biogénétiques : le type eucalyptol (Italie, Maroc et Tunisie), le type camphre-bornéol (Espagne) et le type alpha-pinène-verbénone (France, Corse).

De quelle plante l’huile est-elle tirée ?

Dans la World Checklist of Vascular Plants (WCVP, Kew), le nom de rang « Species » au statut « Accepted », rangé dans la famille Lamiaceae sous l’identifiant 183733, est Salvia rosmarinus Spenn. Dans le même extrait, un nom de rang « Species » au statut « Synonym » se rattache au nom accepté d’identifiant 183733 : Rosmarinus officinalis L. La page de l’EMA consacrée à Rosmarini aetheroleum donne le nom latin « Rosmarini aetheroleum », le nom commun anglais « Rosemary oil » et, pour nom botanique, Rosmarinus officinalis L. La monographie de l’Union européenne du HMPC (EMA/HMPC/513893/2021) donne pour nom français de la substance « romarin (huile essentielle de) ».

Quelle partie de la plante est distillée, et comment ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC, la Pharmacopée européenne (01/2008: 1846) définit l’huile de romarin comme l’huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur des parties aériennes de la plante (nommée dans la source Rosmarinus officinalis L.), liquide limpide, mobile, incolore ou jaune pâle, d’odeur caractéristique.

Comment les études classent-elles les échantillons qui contiennent de la verbénone ?

Satyal et collaborateurs (2017) : six échantillons, deux classements

Dans l’étude de Satyal et collaborateurs (2017), l’échantillon du Yémen est fait de feuilles de romarin (Rosmarinus officinalis dans l’article) récoltées au stade de floraison en mai 2013 dans la province de Dhamar ; les feuilles séchées ont été hydrodistillées 3 h dans un appareil de type Clevenger selon la Pharmacopée européenne. Avec une teneur relativement élevée en verbénone (18,6 %) et relativement faible en α-pinène (13,5 %), ainsi que du 1,8-cinéole (20,6 %) et du camphre (7,0 %), cet échantillon est placé « fermement » par les auteurs dans le chémotype verbenoniferum, type IIIA, selon Napoli et collaborateurs. Selon les auteurs, les cinq autres échantillons de l’étude présentent des concentrations en α-pinène plus élevées qu’en 1,8-cinéole ou en verbénone et peuvent être caractérisés, d’après Napoli et collaborateurs, comme type cineoliferum VIA. L’échantillon d’Alabama de la même étude, feuilles fraîches de plantes en fleurs de Huntsville (Alabama) récoltées le 4 août 2016 et hydrodistillées 4 h dans un appareil Likens-Nickerson, présente une teneur en verbénone de 17,1 % dans le tableau des compositions. Dans toutes les huiles de romarin examinées dans l’étude, la verbénone était énantiomériquement pure, à 100 % (+)-verbénone. De leur analyse de classification hiérarchique, les auteurs tirent cinq chémotypes : (1) α-pinène/1,8-cinéole, (2) verbénone/α-pinène/camphre/1,8-cinéole, (3) myrcène/1,8-cinéole/camphre, (4) 1,8-cinéole/camphre/α-pinène et (5) α-pinène/β-pinène/camphène.

Que donnent les fourchettes de la Pharmacopée européenne pour la verbénone ?

La monographie de l’Union européenne du HMPC sur l’huile de romarin (EMA/HMPC/513893/2021, révision 1, 29/05/2024) indique que la matière est conforme à la monographie de la Pharmacopée européenne de référence 01/2008:1846. Selon le rapport d’évaluation du HMPC, le tableau des fourchettes de pourcentages requises pour la conformité à cette monographie porte deux colonnes, « Spanish type » et « Moroccan and Tunisian type ». Dans ce tableau, la fourchette donnée pour la verbénone est de 0,7-2,5 % pour le « Spanish type » et de « max 0.4% » (0,4 % au plus) pour le « Moroccan and Tunisian type ». La fourchette donnée pour l’α-pinène est de 18-26 % pour le « Spanish type » et de 9,0-14,0 % pour le « Moroccan and Tunisian type ». La fourchette donnée pour le camphre est de 13,0-21,0 % pour le « Spanish type » et de 5,0-15,0 % pour le « Moroccan and Tunisian type ». La fourchette donnée pour le cinéole est de 16,0-25,0 % pour le « Spanish type » et de 38,0-55,0 % pour le « Moroccan and Tunisian type ». La fourchette donnée pour l’acétate de bornyle est de 0,5-2,5 % pour le « Spanish type » et de 0,1-1,5 % pour le « Moroccan and Tunisian type ».

Que couvre la norme ISO 1342 ?

Selon la fiche du catalogue ISO (copie archivée), la norme ISO 1342:2012 s’intitule « Essential oil of rosemary (Rosmarinus officinalis L.) », a été publiée en 2012-10, en est à l’édition 3 et compte 11 pages. La même fiche indique qu’ISO 1342:2012 a été revue et confirmée pour la dernière fois en 2023 et figure au stade 90.93, « International Standard confirmed ». Son résumé indique que la norme spécifie certaines caractéristiques de l’huile essentielle de romarin afin de faciliter l’évaluation de sa qualité.

Comment la verbénone et l’huile de romarin sont-elles identifiées dans les registres ?

Dans la réponse de la base ECHA CHEM à la recherche « verbenone », la substance 4,6,6-trimethylbicyclo[3.1.1]hept-3-en-2-one (identifiant 100.001.176) porte le numéro CE 201-292-4, le numéro CAS 80-57-9 et la formule C10H14O, « Verbenone » figurant parmi ses noms IUPAC listés. La même recherche renvoie l’entrée « Oils, rosemary » (identifiant 100.109.428), de numéro CE 616-767-5 et de numéro CAS 8000-25-7.

Que rapportent les évaluations de l’Union européenne sur la toxicité et les effets indésirables ?

Le rapport d’évaluation du HMPC indique que l’huile essentielle de romarin, sans type ni origine précisés dans le passage, a présenté chez le rat une DL50 de 5,5 g/kg de poids corporel par voie intragastrique, et un effet létal sur tous les animaux à une dose intragastrique de 0,9 g/100 g de poids corporel (Fahim et collaborateurs, 1999). Le rapport indique qu’une intoxication grave par le romarin ou son huile n’est pas rapportée, et que les problèmes potentiels de gastro-entérite et de néphrite après ingestion de grandes quantités d’huile sont mentionnés dans la littérature, mais ne se rapportent pas à des cas réels (Bisset et Wichtl, 1994). Le même rapport indique que des cas d’hypersensibilité (asthme) ont été trouvés dans la littérature, leur fréquence n’étant pas connue. La monographie de l’Union européenne liste, parmi les effets indésirables, une hypersensibilité (dermatite de contact) parmi les affections du système immunitaire et une hypersensibilité (asthme) parmi les affections respiratoires, thoraciques et médiastinales, de fréquence inconnue l’une et l’autre. La monographie indique que les essais de toxicité sur la reproduction, de génotoxicité et de cancérogénicité n’ont pas été réalisés.

Références