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Melaleuca alternifolia : huile, composition et dangers

Melaleuca alternifolia (Maiden & Betche) Cheel

Huile essentielle de Melaleuca alternifolia.
Famille
Myrtaceae

Espèce

BinômeMelaleuca alternifolia
Nom acceptéMelaleuca alternifolia (Maiden & Betche) Cheel
Statut WCVPaccepté
FamilleMyrtaceae
Identifiant IPNIurn:lsid:ipni.org:names:597833-1

Source : Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew, consulté le 21/09/2026.

Qu’est-ce que l’huile essentielle de Melaleuca alternifolia ?

Dans la rubrique « Key facts » de la page de l’EMA consacrée à cette substance, consultée le 01/10/2026, l’huile porte le nom latin « Melaleucae aetheroleum », le nom commun anglais « Tea-tree oil » et le nom botanique « Melaleuca alternifolia (Maiden and Betche) Cheel ». Selon la fiche du catalogue ISO, la norme ISO 4730:2025 s’intitule « Essential oil of Melaleuca, terpinen-4-ol type (tea tree oil) », en est à l’édition 4, a été publiée en 2025-06, compte 9 pages, figure au stade 60.60 « International Standard published » et relève de l’ISO/TC 54. Le résumé de la même fiche indique que la norme ISO 4730:2025 spécifie certaines caractéristiques de cette huile afin de faciliter l’évaluation de sa qualité. Dans la rubrique « Life cycle » de la fiche, les éditions précédentes ISO 4730:2017 et ISO 4730:2017/Amd 1:2018 sont marquées « Withdrawn », et ISO 4730:2025 est marquée « Published ».

De quelles espèces l’huile est-elle tirée ?

La page de l’EMA consacrée à Melaleucae aetheroleum donne « tea tree oil » comme nom commun de l’huile essentielle des feuilles et rameaux terminaux des arbres Melaleuca alternifolia Cheel, M. linariifolia Smith, M. dissitiflora F. Mueller et d’autres espèces de Melaleuca. La section 2 de la monographie de l’Union européenne du HMPC (EMA/HMPC/320930/2012, adoptée le 24/11/2014) vise « Melaleuca alternifolia (Maiden and Betch) Cheel, M. linariifolia Smith, M. dissitiflora F. Mueller and/or other species of Melaleuca, aetheroleum (tea tree oil) », sous forme d’huile essentielle. Le rapport d’évaluation du HMPC (EMA/HMPC/320932/2012, 2014) indique que, d’après la Pharmacopée européenne, l’huile est obtenue par distillation à la vapeur d’eau du feuillage et des rameaux terminaux de Melaleuca alternifolia (Maiden and Betch) Cheel, M. linariifolia Smith, M. dissitiflora F. Mueller et/ou d’autres espèces de Melaleuca. L’addendum à ce rapport (EMA/HMPC/765808/2022, 19/07/2023) indique que la monographie de la Pharmacopée européenne n’avait pas été révisée à cette date et que sa description de l’huile inclut Melaleuca alternifolia (Maiden and Betch) Cheel, M. linariifolia Smith, M. dissitiflora F. Mueller et/ou d’autres espèces de Melaleuca. L’addendum rapporte aussi que, pendant la période d’appel à données, l’Australian Tea Tree Industry Association (ATTIA Ltd) a envoyé une contribution demandant d’envisager de ne pas inclure « …Melaleuca dissitiflora F. Mueller and/or other species of Melaleuca, aetheroleum… » dans toute révision de la monographie sur Melaleucae aetheroleum (EMA/HMPC/120033/2022), afin d’assurer l’alignement avec une révision attendue de la monographie de la Pharmacopée européenne sur l’huile de tea tree. Le rapport d’évaluation de 2014 rapporte aussi la position de la filière australienne de l’huile de tea tree : les teneurs en méthyleugénol dont traite le rapport se rapportent à Melaleuca bracteata, l’huile commerciale est issue uniquement de Melaleuca alternifolia, et les enquêtes analytiques de cette filière montrent que M. alternifolia ne contient que des traces de méthyleugénol.

Comment le nom Melaleuca alternifolia est-il établi ?

Dans la World Checklist of Vascular Plants (WCVP, Kew), extrait lu le 01/10/2026, Melaleuca alternifolia (Maiden & Betche) Cheel est un nom de rang « Species » au statut « Accepted », rangé dans la famille Myrtaceae. Dans le même extrait, Melaleuca linariifolia var. alternifolia Maiden & Betche, de rang « Variety », porte le statut « Synonym » et se rattache au nom accepté Melaleuca alternifolia (Maiden & Betche) Cheel, avec la mention de synonymie homotypique « T ». La fiche IPNI 597833-1, lue le 01/10/2026, donne le nom Melaleuca alternifolia avec l’auteur « Cheel », le rang « spec. », la famille Myrtaceae, la remarque d’origine « M. linariifolia, var. alternifolia, Maiden & Betche » et la référence de publication « J. Proc. Roy. Soc. New S. Wales 1924, lviii. 195 ». Un enregistrement de même citation dans l’IPNI (114431-3) porte le type de citation « comb. nov. », le basionyme Melaleuca linariifolia var. alternifolia Maiden & Betche et l’année de publication 1924. Le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 range lui aussi l’arbre Melaleuca alternifolia dans la famille botanique des Myrtaceae.

Quelle partie de la plante est distillée, et comment ?

Selon la page de l’EMA, l’huile est obtenue en faisant passer un courant de vapeur d’eau à travers les feuilles fraîches et les rameaux terminaux ; après refroidissement, l’huile essentielle se sépare de l’eau et peut être recueillie. Le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indique qu’environ 2 % d’huile essentielle peuvent être obtenus des feuilles de l’« Australian Tea Tree » par extraction au solvant organique lipophile ou par distillation à la vapeur d’eau.

À quoi ressemble l’huile ?

Citant Saller et al. (1998), le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 décrit l’huile comme un liquide limpide, mobile, incolore ou jaune pâle, sans trace visible d’eau, d’odeur rappelant la térébenthine, à forte teneur en terpènes (> 50 à 60 %) et de poids spécifique 0,89, presque insoluble dans l’eau mais miscible à la plupart des solvants organiques.

Quelle est la composition de l’huile ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2014, l’huile se compose d’hydrocarbures terpéniques, principalement des monoterpènes, des sesquiterpènes et leurs alcools associés, et un article de 1989 portant sur plus de 800 échantillons a conclu à environ 100 composants (Brophy 1989). Citant Cox et al. (2000), le même rapport indique que l’huile consiste en grande partie en monoterpènes cycliques, dont environ 50 % sont oxygénés et environ 50 % sont des hydrocarbures. Citant Bozzuto et al. (2011), le rapport donne pour un échantillon d’huile non décrit dans le rapport (méthode non précisée dans la phrase), 42,35 % de terpinène-4-ol, 3,71 % de terpinolène, 3,57 % de 1,8-cinéole, 2,82 % de p-cymène, 1,75 % de limonène et 0,87 % de myrcène. Citant Southwell (2006), le rapport indique que le p-cymène est naturellement présent dans l’huile, typiquement à 0,5 à 8 %. Southwell et al. (2011), cités dans le même rapport, ont quantifié les traces de méthyleugénol précédemment rapportées dans l’huile entre moins de 0,01 % et 0,06 % (moyenne 0,02 %). Pour l’huile qu’ils ont analysée, le tableau 1 de Mondello et al. (2006) (« Chemical composition of the Melaleuca alternifolia Cheel essential oil ») donne l’alpha-pinène (indice de Kovats 939) à 2,42 %, les auteurs indiquant que leurs données quantitatives reposent sur une normalisation des aires de pic, sans facteur de correction. Pour la même huile, Mondello et al. (2006) ont mesuré le bêta-pinène (indice de Kovats 980) à 0,73 %, par la même normalisation des aires de pic. Pour la même huile, Mondello et al. (2006) ont mesuré l’alpha-terpinène (indice de Kovats 1018) à 9,76 %, par la même normalisation des aires de pic. Pour la même huile, Mondello et al. (2006) ont mesuré l’alpha-terpinéol (indice de Kovats 1189) à 3,09 %, par la même normalisation des aires de pic.

Quelles limites s’appliquent au terpinène-4-ol et au 1,8-cinéole ?

Citant Carson et Riley (2001), le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indique que la norme australienne fixait une teneur en 1,8-cinéole ne dépassant pas 15 % et une teneur en terpinène-4-ol supérieure à 30 %. Selon le rapport du HMPC de 2014, la Pharmacopée européenne et la norme internationale ISO 4730, dont l’édition n’est pas précisée dans cette phrase, exigent une teneur minimale de 30 % en terpinène-4-ol et une teneur maximale de 15 % en 1,8-cinéole. La note 2 de la section 2 de la monographie du HMPC indique que la matière est conforme à la monographie de la Pharmacopée européenne de référence 01/2008:1837.

Comment l’huile évolue-t-elle en vieillissant ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2014, les peroxydes se dégradent avec le temps, et des produits de dégradation comme le 1,2,4-trihydroxymenthane peuvent avoir un potentiel d’irritation et de sensibilisation élevé. Citant Southwell (2006), le rapport présente l’indice de peroxyde et la teneur en p-cymène comme des indicateurs particulièrement utiles de l’âge de l’huile et de son degré de dégradation. Le rapport ajoute que Southwell a proposé de suivre l’état de dégradation de l’huile en utilisant le p-cymène comme marqueur fiable. Le rapport indique que le potentiel irritant de l’huile pourrait être lié à son âge, les huiles âgées (contenant vraisemblablement plus de peroxydes et de produits de dégradation comme l’ascaridol) présentant une incidence d’irritation plus élevée.

Que rapportent les études chez l’animal et en laboratoire ?

Toxicité aiguë

Selon le rapport d’évaluation du HMPC de 2014, la DL50 orale aiguë chez le rat a été rapportée à 1,9-2,6 ml/kg. Citant le SCCP (2008), le rapport indique qu’aucune toxicité aiguë par inhalation n’était manifeste chez le rat exposé à un mélange d’huile de tea tree, d’éthanol et de CO2, mais que des faiblesses méthodologiques de l’étude ont été relevées. Citant le Comité d’experts sur les produits cosmétiques du Conseil de l’Europe (2001), le rapport donne une DL50 cutanée chez le lapin supérieure à 5 g/kg. Dans ses conclusions non cliniques, le rapport indique qu’il n’existe pas d’étude de toxicité orale à doses répétées pour l’huile.

Génotoxicité, cancérogénicité, reproduction

Les conclusions non cliniques du rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indiquent que l’huile était négative au test d’Ames sur Salmonella typhimurium TA102, TA100 et TA98, avec ou sans activation métabolique, et non génotoxique sur cellules de mammifères in vitro de 95 µg/ml à 365 µg/ml (Pereira et al. 2014), et qu’elle n’a pas induit de clastogénicité dans le test du micronoyau in vivo chez la souris (Fletcher et al. 2005). Le même rapport consigne qu’en décembre 2004 le Comité scientifique des produits de consommation (SCCP) a noté que l’huile n’est pas mutagène au test d’Ames, tout en indiquant que les détails de l’étude étaient insuffisants et que l’étude a été jugée inadéquate. Dans ses conclusions sur la sécurité clinique, le rapport indique que l’huile n’était pas génotoxique dans le test du micronoyau in vivo chez la souris (jusqu’à 1750 mg/kg) et que les données du test d’Ames sont incomplètes.

À la rubrique « Carcinogenicity », le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indique qu’aucune donnée n’est disponible. Le rapport indique que des essais de toxicité pour la reproduction et de cancérogénicité n’ont pas été réalisés.

Irritation cutanée, sensibilisation et phototoxicité chez l’animal

Citant Nielsen (2005), les conclusions non cliniques du rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indiquent que l’huile a été rapportée comme provoquant une irritation cutanée légère à modérée dans des études chez le lapin, que les études LLNA indiquent un faible potentiel de sensibilisation cutanée, et que l’huile très dégradée a un potentiel de sensibilisation cutanée plus élevé en raison de sous-produits d’oxydation. Dans un essai publié chez le cobaye cité par le rapport, une huile de qualité inconnue a donné des réactions positives chez 3 animaux sur 10 à une concentration d’élicitation de 30 %, résultats qui, selon le rapport, peuvent indiquer que l’huile pourrait être un faible sensibilisant cutané. Citant Carson et al. (1998), le rapport indique que l’huile non diluée n’a pas produit d’effets phototoxiques sur la peau de souris glabres, bien qu’une certaine irritation ait été observée.

De combien l’huile oxydée est-elle plus sensibilisante ?

Dans l’essai de stimulation des ganglions lymphatiques locaux (LLNA) rapporté par le rapport d’évaluation du HMPC de 2014, mené sur deux échantillons d’huile non oxydés et un échantillon fortement oxydé et dégradé, les CE3 étaient de 24,3 % et 25,5 % pour les deux huiles non dégradées et de 4,4 % pour l’huile dégradée. Le rapport conclut de cet essai chez l’animal que l’huile non dégradée a un faible potentiel de sensibilisation dans ce système d’essai, et que l’huile dégradée avait une puissance 5 fois plus élevée mais serait encore considérée comme un sensibilisant modéré. Dans la rubrique du même rapport consacrée aux tests épicutanés chez l’humain, Rutherford et al. (2007) sont cités comme ayant conclu que l’huile oxydée a une capacité de sensibilisation trois fois plus forte que l’huile fraîche. Le rapport indique aussi que l’huile fraîche semble ne posséder qu’un faible potentiel sensibilisant, tandis que les constituants oxydés de l’huile accroissent sa capacité à agir comme allergène et comme agent irritant.

Que rapporte-t-on des réactions cutanées chez l’humain ?

Le 1,8-cinéole est-il un allergène ?

Citant Carson et Riley (2001), le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indique que le 1,8-cinéole est probablement un allergène indésirable dans les produits à base d’huile de tea tree. Le même rapport indique que le 1,8-cinéole a longtemps été considéré comme un constituant indésirable en raison de sa réputation d’irritant cutané et muqueux, mais que d’autres études ont suggéré qu’il n’est pas responsable d’une large part des réactions de sensibilité (Carson et al. 1998).

Que montrent les tests épicutanés ?

Sur l’ensemble des tests épicutanés recensés dans le rapport d’évaluation du HMPC de 2014, 151 sujets sur 9367 ont réagi positivement à l’huile, le taux de réactions allergiques variait selon les études de 0,6 % à 2,4 % (moyenne 1,6 %), et l’incidence et l’intensité des réactions étaient généralement plus élevées avec des échantillons oxydés. Dans le même rapport, Nielsen (2005), citant Hammer et al. (2006), a conclu que la prévalence des résultats positifs chez des patients dermatologiques présensibilisés des études cliniques est généralement d’environ 0,4 %-0,6 %, ce qui ne donnerait à l’huile qu’un faible potentiel sensibilisant chez les personnes présensibilisées, chiffre qui peut être une surestimation due à des huiles âgées et à un biais de sélection. Le rapport indique que l’huile non diluée a été rapportée comme provoquant une irritation cutanée chez une faible proportion de sujets (généralement < 5 %).

Quels effets indésirables ont été rapportés ?

Le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indique que quarante-six cas de dermatite allergique de contact liés à l’huile ont été rapportés dans la littérature de 1991 à 2004, le plus souvent limités à des symptômes légers comme érythème et prurit, ou à une plaque eczémateuse dans la zone d’application. Le rapport indique que des réactions cutanées de type brûlure ont été rapportées au Danemark, à une fréquence rare (< 1/1000). Citant l’Autorité norvégienne de sécurité des aliments (2012), le rapport indique que l’huile présente une réaction croisée avec la colophane. Dans ses conclusions sur la sécurité clinique, le rapport indique que les événements indésirables rapportés étaient mineurs et principalement limités à une irritation locale. Selon l’addendum de 2023, la recherche dans EudraVigilance a révélé 3 cas : dans l’un, le patient recevait 8 médicaments, de sorte que les effets ne pouvaient pas être directement reliés à l’huile ; les deux autres concernaient l’huile seule et ont entraîné œdème facial, éruption, prurit, asthme et dermatite, disparus après arrêt, la relation causale étant jugée possible.

Que rapporte-t-on des intoxications chez l’humain ?

Citant Carson et Riley (1998), le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 indique que plusieurs cas d’intoxication humaine par l’huile ont été rapportés, impliquant surtout l’ingestion de volumes modestes (10-25 ml), et que dans deux cas l’ingestion a entraîné ce qui ressemblait à une dermatite de contact systémique. Selon le rapport, les intoxications accidentelles par ingestion montrent qu’à des doses relativement élevées l’huile provoque une dépression du système nerveux central et une faiblesse musculaire, symptômes qui s’étaient généralement résolus en 36 heures. Citant le 29e rapport annuel du National Poison Data System de l’American Association of Poison Control Centers (Bronstein et al. 2012, données 2011), le rapport indique que sur 1376 cas d’exposition, une issue nulle ou mineure a été rapportée dans la plupart des cas, une issue mineure dans 192 cas, une issue majeure dans 5 cas, et aucun décès.

Quelles intoxications ont été documentées chez l’animal ?

Des chats dans le rapport du HMPC

Citant Bischoff et Guale (1998), le rapport d’évaluation du HMPC de 2014 décrit un cas publié d’intoxication après une application cutanée unique de 120 ml d’huile non diluée à 3 chattes Angora adultes, dont une est morte ; les 3 ont présenté hypothermie, incoordination, déshydratation et tremblements, et les 2 survivantes se sont rétablies en 1 à 2 jours. Le rapport indique qu’une neurotoxicité et des décès ont été observés chez des chats exposés par voie cutanée à de très fortes doses d’huile, et qu’une exposition orale par léchage de la peau et du pelage de la zone d’application ne peut être exclue pour ces animaux.

Des chiens et des chats dans une série de cas d’un centre antipoison

Khan et al. (2014, J Am Vet Med Assoc) ont mené une étude rétrospective de série de cas portant sur 337 chiens et 106 chats exposés à l’huile de tea tree à 100 %, à partir des données d’incidents de la base de l’ASPCA Animal Poison Control Center de janvier 2002 à décembre 2012. Dans cette série, l’huile avait été utilisée intentionnellement chez 395 des 443 animaux (89 %), en quantités allant de 0,1 à 85 mL. La voie d’exposition était cutanée chez 221 animaux (50 %), cutanée et orale chez 133 (30 %) et orale chez 67 (15 %). Les signes cliniques sont apparus en 2 à 12 heures et ont duré jusqu’à 72 heures ; les plus fréquents étaient une salivation accrue, des signes de dépression du système nerveux central ou de léthargie, une parésie, une ataxie et des tremblements. Les auteurs ont trouvé une association significative entre la gravité de l’atteinte et l’âge et le poids, avec une prévalence plus élevée d’atteinte majeure chez les chats plus jeunes et plus petits. Les auteurs concluent que l’usage intentionnel ou accidentel d’huile à 100 % chez le chien ou le chat a provoqué des signes graves de dépression du système nerveux central, de parésie, d’ataxie ou de tremblements dans les heures suivant l’exposition et pendant jusqu’à 3 jours, et indiquent dans leur discussion que cet usage peut entraîner des effets neurologiques sévères (parésie, ataxie, tremblements, coma) ou la mort.

Un cas chez une calopsitte

Vetere et al. (2020, BMC Vet Res) rapportent le cas d’une calopsitte (Nymphicus hollandicus) mâle d’un an et de 80 g, présentée pour un épisode de dépression grave d’environ 4 h, survenu après l’application de 0,15 ml d’huile de tea tree pure à 100 % (espèce écrite « Melaleuca alternifoglia » dans l’article) directement sur la peau de l’aile droite et d’une partie du thorax. Selon le propriétaire, tel que le rapportent les auteurs, l’oiseau a souffert de convulsions et de vomissements pendant environ 15 min avant d’entrer dans un état comateux, les symptômes étant apparus 30 min après l’application. Les auteurs écrivent que la littérature ne décrivait aucun cas d’intoxication par l’huile de Melaleuca chez l’oiseau de compagnie, mais qu’une telle intoxication a été rapportée chez l’humain (surtout par ingestion) ainsi que chez le chien, le chat et le rat.

Comment l’huile est-elle identifiée dans les registres ?

La fiche ECHA CHEM 100.077.588, consultée le 01/10/2026, enregistre « Melaleuca alternifolia, ext. » sous le numéro CE 285-377-1 et le numéro CAS 85085-48-9, décrite comme les extraits et leurs dérivés physiquement modifiés (teintures, concrètes, absolues, huiles essentielles, oléorésines, terpènes, fractions déterpénées, distillats, résidus, etc.) obtenus de Melaleuca alternifolia, Myrtaceae. La même fiche donne la tranche de tonnage « 100 - 1,000 tonnes », les processus réglementaires « REACH pre-registration », « EC Inventory », « REACH registration » et « CLP notification », et la mention « REACH REGISTERED ». À la même date, une recherche ECHA CHEM sur le numéro CAS 68647-73-4 a rendu trois fiches : 100.169.204 « Melaleuca Alternifolia (Tea Tree) Leaf Oil » (CE 641-387-1, CAS 68647-73-4), 100.120.776 « Extract from tea tree » (CE 614-679-1, CAS 68647-73-4) et 100.077.588 « Melaleuca alternifolia, ext. » (CE 285-377-1, CAS 85085-48-9). Dans cette recherche, la fiche 100.120.776 « Extract from tea tree » porte, parmi ses processus réglementaires, le code « EU-PLANT_PROTECTION-ANX_ACTIVE ».

Que dit le droit cosmétique de l’Union sur le limonène, l’alpha-terpinène, le terpinolène, le terpinéol et le pinène ?

Le règlement (UE) 2023/1545 remplace l’entrée 88 de l’annexe III du règlement (CE) n° 1223/2009 : la présence du limonène (dl-limonène ou dipentène, CAS 138-86-3 ; d-limonène, CAS 5989-27-5 ; l-limonène) est à indiquer dans la liste des ingrédients au-delà de 0,001 % dans les produits sans rinçage et de 0,01 % dans les produits rincés, et l’indice de peroxyde de chaque substance est fixé sous 20 mmoles/L. Selon le règlement (UE) 2023/1545, l’entrée 131 de l’annexe III du règlement (CE) n° 1223/2009, remplacée, prévoit que la présence de l’alpha-terpinène (p-Mentha-1,3-diene, marqué de la note (*2) ; CAS 99-86-5, CE 202-795-1) est indiquée dans la liste des ingrédients lorsque sa concentration dépasse 0,001 % dans les produits sans rinçage et 0,01 % dans les produits rincés, et fixe son indice de peroxyde sous 10 mmoles/L. Le même règlement remplace l’entrée 133 : la présence du terpinolène (p-Mentha-1,4(8)-diene, marqué de la note (*2) ; CAS 586-62-9, CE 209-578-0) est à indiquer dans la liste des ingrédients au-delà de 0,001 % dans les produits sans rinçage et de 0,01 % dans les produits rincés, avec un indice de peroxyde inférieur à 10 mmoles/L. Selon la note (*2) de l’annexe, les produits cosmétiques contenant la substance concernée qui ne respectent pas les restrictions peuvent, à condition de respecter celles applicables le 15 août 2023, être mis sur le marché de l’Union jusqu’au 31 juillet 2026 et mis à disposition sur ce marché jusqu’au 31 juillet 2028. Selon le même règlement, l’entrée 343, ajoutée à l’annexe III, prévoit que la présence du terpinéol (dont p-Menth-1-en-8-ol (alpha-Terpineol), noms chimiques marqués de la note (*4) ; CAS 8000-41-7/98-55-5/138-87-4/586-81-2) est indiquée dans la liste des ingrédients lorsque sa concentration dépasse 0,001 % dans les produits sans rinçage et 0,01 % dans les produits rincés. Selon le même règlement, l’entrée 371, ajoutée à l’annexe III, prévoit que la présence du pinène (alpha-Pinene et beta-Pinene, marqués des notes (*4) et (*5) ; CAS 80-56-8/7785-70-8/127-91-3/18172-67-3) est indiquée dans la liste des ingrédients lorsque sa concentration dépasse 0,001 % dans les produits sans rinçage et 0,01 % dans les produits rincés, et fixe son indice de peroxyde sous 10 mmoles/L. Selon la note (*4) de l’annexe, les produits cosmétiques contenant la substance concernée qui ne respectent pas la ou les restrictions peuvent être mis sur le marché de l’Union jusqu’au 31 juillet 2026 et mis à disposition sur ce marché jusqu’au 31 juillet 2028. Selon la note (*5) de l’annexe, la substance concernée, étant un monoterpène, est soumise à la restriction sur l’indice de peroxyde fixée à l’entrée 130.

Références

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