Introduction
Huile essentielle de thym, type thymol

Espèce

BinômeThymus vulgaris
Nom acceptéThymus vulgaris L.
Statut POWOaccepté
FamilleLamiaceae
GenreThymus
Identifiant IPNIurn:lsid:ipni.org:names:461765-1
Norme ISOISO 19817:2017

Source : Govaerts R. (éd.), World Checklist of Vascular Plants (WCVP), Royal Botanic Gardens, Kew, consulté le 21/09/2026.

Source : ISO 19817:2017.

Qu’est-ce que l’huile essentielle de thym, type thymol ?

« Thyme oil, thymol type » est le nom anglais de la monographie 01374 de la Pharmacopée européenne, qui a le statut « In use » dans la base de connaissances de l’EDQM consultée le 28/09/2026. Sur la même page de l’EDQM, le statut « in use » signifie que la monographie est publiée dans la Pharmacopée européenne. Selon le catalogue ISO du classement ICS 71.100.60 (copie archivée du 19/03/2026), la norme ISO 19817:2017 s’intitule « Essential oil of thyme [Thymus vulgaris L. and Thymus zygis L.], thymol type », relève de l’ISO/TC 54 et figure au stade 90.93. Selon la page de l’EMA consacrée à Thymi aetheroleum, « thyme oil » est le nom commun de l’huile essentielle des plantes Thymus vulgaris L. ou Thymus zygis L. Selon le rapport d’évaluation du HMPC (EMA/HMPC/52980/2017, révision 1), qui cite la monographie Ph. Eur. 01/2012:1374, l’huile essentielle est définie comme obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties aériennes fleuries fraîches de Thymus vulgaris L., de T. zygis L. ou d’un mélange des deux espèces. Selon l’avis du panel FEEDAP de l’EFSA (EFSA Journal 2025;23(12):e9691), l’huile de thym évaluée est une huile essentielle obtenue des parties aériennes fleuries fraîches de T. vulgaris L., de T. zygis L. ou de leurs mélanges.

Quelles plantes le nom recouvre-t-il ?

Selon la World Checklist of Vascular Plants (WCVP, Kew), dans l’extrait lu le 21/09/2026, Thymus vulgaris L. porte le statut « Accepted » et est rangé dans la famille Lamiaceae. Dans le même extrait, Thymus zygis L. porte le statut « Accepted » et est rangé dans la famille Lamiaceae. Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), T. zygis L. (thym d’Espagne) est la source principale de la plus grande partie de l’huile essentielle de thym, dont l’essentiel est produit en Espagne. Selon le rapport d’évaluation du HMPC (révision 1), citant Thompson et al. (2003), il existe au moins 6 chémotypes de Thymus vulgaris L. aux compositions d’huile essentielle différentes, et seul le type « thymol », où le thymol est le composé prédominant, répond à la définition de la Pharmacopée européenne.

À quoi ressemble Thymus vulgaris, et où pousse-t-il ?

Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), T. vulgaris L. (thym commun ou thym des jardins) est un petit arbuste vivace semi-persistant de la famille des Lamiaceae. Selon l’avis du panel FEEDAP de l’EFSA (2025), T. vulgaris a un port horizontal et dressé, des tiges qui deviennent ligneuses avec l’âge, de petites feuilles gris-vert (jusqu’à 5 mm de long) et des rameaux terminés en saison par des fleurs pourpres à roses. Le même avis indique que T. vulgaris est originaire de France, d’Italie et d’Espagne, et se rencontre aujourd’hui couramment dans toute l’Europe continentale, au Royaume-Uni et dans certaines parties de l’Afrique du Nord. Le même avis indique que T. vulgaris, comme beaucoup d’espèces de Thymus, s’hybride facilement lorsque les périodes de floraison se chevauchent ; il existe ainsi, outre trois sous-espèces reconnues, de nombreux hybrides et cultivars.

Quelle partie de la plante est distillée, et comment ?

Selon la page de l’EMA consacrée à Thymi aetheroleum, les conclusions du HMPC ne couvrent que l’huile de thym obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties aériennes fleuries fraîches de l’une ou l’autre espèce, ou d’un mélange des deux. Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), le produit évalué est extrait des parties aériennes fleuries (feuilles fraîches, sommités fleuries et rameaux) de T. vulgaris et/ou de T. zygis par distillation à la vapeur d’eau ; les constituants volatils sont condensés puis séparés de la phase aqueuse par décantation.

Selon Najar et al. (2021), qui rapportent les travaux d’Andolfi et al., les fleurs de T. vulgaris ont une teneur en huile essentielle plus forte que les feuilles apicales, suivies des feuilles intermédiaires, tandis que dans les tiges l’huile n’est présente qu’à l’état de traces ou est totalement absente. Selon Najar et al. (2021), la distillation à la vapeur d’eau est la méthode la plus utilisée pour produire des huiles essentielles à grande échelle, parce qu’elle prend moins de temps et permet une meilleure récupération de l’huile.

Qu’a mesuré un essai au champ en Italie centrale ?

Dans l’essai de Najar et al. (2021), sur des plantes en culture biologique en Toscane (Italie centrale), les rendements obtenus par distillation à la vapeur d’eau à l’échelle de l’exploitation en 2018 et 2019 se situaient entre 0,55 et 0,60 % pour le chémotype « thymol » de Thymus vulgaris L. Les deux années, le thymol était le composé principal de cette huile distillée à la vapeur d’eau, mais en pourcentage presque réduit de moitié par rapport à l’hydrodistillation. Dans le même essai, les rendements en huile essentielle du chémotype « thymol » obtenus par hydrodistillation (Clevenger) étaient de 1,2 % en 2017 et de 0,47 % en 2019. Dans le même essai, l’huile du chémotype « linalool » de T. vulgaris contenait environ 90 % de monoterpènes oxygénés, avec pour constituants principaux le linalol (75 %), l’acétate de linalyle (8,15 %) et le b-caryophyllène (3,2 %).

Quelle est la composition de l’huile ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC (révision 1), la drogue végétale séchée contient jusqu’à 2,5 % d’huile essentielle, dont les principaux composants sont le thymol, le p-cymène, le carvacrol, le γ-terpinène, le linalol, le β-myrcène et le terpinène-4-ol. Citant Takeuchi et al. (2004), Kitajima et al. (2004) et Stahl-Biskup (1991), le même rapport indique que certains composés se présentent en partie sous forme de glycosides (par exemple le p-cymène-9-ol). Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), l’analyse par GC-MS de sept lots issus de T. vulgaris et de six lots issus de T. zygis indique que les deux huiles sont similaires au regard des 28 composants détectés à plus de 0,1 % de l’aire chromatographique. Selon le tableau 1 de l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), dans sept lots d’huile issus de Thymus vulgaris L., le thymol représentait en moyenne 53,71 % de l’aire chromatographique (plage 47,78-57,65 %). Dans ces sept lots, le p-cymène représentait en moyenne 17,87 % de l’aire chromatographique (plage 15,16-21,07 %). Dans ces lots, le γ-terpinène représentait en moyenne 8,83 % de l’aire chromatographique (plage 7,38-10,34 %). Dans ces lots, le carvacrol représentait en moyenne 3,95 % de l’aire chromatographique (plage 2,81-4,56 %). Dans ces lots, le linalol représentait en moyenne 3,59 % de l’aire chromatographique (plage 2,94-4,63 %). Le tableau 2 du même avis porte sur l’huile de thym issue de Thymus vulgaris L. et de Thymus zygis L., les deux espèces ensemble : la spécification du demandeur pour le thymol est de 35-60 % de l’aire chromatographique, et l’analyse de 10 lots par GC-FID a donné une moyenne de 49,6 % (plage 42,6-54,8 %).

Quelles limites le rapport d’évaluation du HMPC donne-t-il d’après la monographie Ph. Eur. ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC (révision 1), la monographie de la Pharmacopée européenne fixe pour le thymol une teneur de 37,0 % à 55,0 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour le p-cymène est de 14,0 % à 28,0 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour le γ-terpinène est de 4,0 % à 12,0 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour le carvacrol est de 0,5 % à 5,5 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour le linalol est de 1,5 % à 6,5 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour le β-myrcène est de 1,0 % à 3,0 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour le terpinène-4-ol est de 0,1 % à 2,5 %. Selon le même rapport d’évaluation du HMPC, la limite fixée pour l’éther méthylique du carvacrol est de 0,05 % à 1,5 %.

Qu’ont trouvé deux études sur du thym cultivé en Italie ?

Dans l’essai de Najar et al. (2021), en culture biologique sur les collines de l’Italie centrale (2017-2019), le thymol était le constituant principal de l’huile essentielle du chémotype « thymol » de Thymus vulgaris L. Dans l’étude de Mancini et al. (2015), l’hydrodistillation des parties aériennes de cinq échantillons de T. vulgaris récoltés en Campanie a donné des huiles jaunes d’odeur typique, avec des rendements de 0,068, 0,070, 0,092, 0,019 et 0,081 % (v/p, sur matière fraîche). Dans la même étude, 134 composés ont été identifiés au total ; les huiles étaient composées principalement de composés phénoliques, et toutes appartenaient au chémotype thymol. Dans les cinq huiles, le thymol (46,2-67,5 %), le carvacrol (5,7-7,3 %) et l’oxyde de caryophyllène (1,7-7,3 %) étaient les composés les plus abondants (% relatifs, GC).

À quoi ressemble l’huile ?

Selon le rapport d’évaluation du HMPC (révision 1), qui cite la monographie Ph. Eur. 01/2012:1374, l’huile est un liquide limpide, jaune ou brun-rouge très foncé, mobile, à l’odeur rappelant le thymol. Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), l’huile évaluée (additif du demandeur), obtenue des parties aériennes fleuries de T. vulgaris et/ou de T. zygis provenant d’Europe, est un liquide limpide, jaune à brun, mobile, d’odeur caractéristique. Sur neuf lots de cet additif, l’indice de réfraction (20 °C) se situait entre 1,500 et 1,5021 ; sur trois lots, la densité (20 °C) entre 925 et 929 kg/m³ ; sur six lots, le pouvoir rotatoire (20 °C) entre −0,73° et −2,0°.

Comment l’huile est-elle identifiée dans les normes et les registres ?

Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), l’huile de thym est identifiée par le numéro CAS unique 8007-46-3, les numéros CE 284-535-7/285-397-0, les numéros FEMA 3064/3065 et les numéros du Conseil de l’Europe 456/457. Dans la base de connaissances de l’EDQM, la monographie 01374 porte le nom français « Thym type thymol (huile essentielle de) » et le nom latin « Thymi typo thymolo aetheroleum ». Dans le catalogue ISO du classement ICS 71.100.60 (copie archivée du 19/03/2026), la norme ISO 14715:2010 « Oil of thyme containing thymol, Spanish type [Thymus zygis (Loefl.) L.] » est marquée « Withdrawn », au stade 95.99. Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), les spécifications du produit du demandeur reposent sur la norme ISO 19817:2017 et sur la Pharmacopée européenne, adaptées ; quatre composants entrent dans les spécifications, le thymol étant retenu comme marqueur phytochimique. Selon le rapport d’évaluation du HMPC (révision 1), citant Böhme et al. (2008), l’huile de thym brute est appelée commercialement « red thyme oil » en raison de sa couleur foncée ; après redistillation, on obtient la « white thyme oil », huile jaune clair à l’odeur semblable mais plus douce et moins âcre. La section 2 de la monographie de l’Union européenne du HMPC sur Thymus vulgaris L., Thymus zygis L., aetheroleum (EMA/HMPC/59032/2017, révision 1) vise « Thymus vulgaris L. or Thymus zygis L. or a mixture of both species, aetheroleum (thyme oil) », sous forme d’huile essentielle. Selon la note 3 de la section 2 de la même monographie, la matière est conforme à la monographie de la Pharmacopée européenne de référence 1374.

Que documente-t-on du thymol comme substance ?

Selon la fiche d’identité ECHA CHEM consultée le 28/09/2026, le thymol a pour identifiant 100.001.768, pour numéro CE 201-944-8, pour numéro CAS 89-83-8 et pour numéro index 604-032-00-1. La même fiche donne au thymol le nom IUPAC 5-methyl-2-(propan-2-yl)phenol et la formule brute C10H14O. Dans le texte d’origine du règlement (CE) n° 1272/2008 (CLP), annexe VI, partie 3, tableau 3.1, le thymol (index 604-032-00-1, CE 201-944-8, CAS 89-83-8) porte la classification « Acute Tox. 4 * Skin Corr. 1B Aquatic Chronic 2 », les mentions de danger H302, H314 et H411 et les pictogrammes GHS05, GHS07, GHS09 avec la mention « Dgr ». Dans le texte d’origine du même règlement, version anglaise, H302, H314 et H411 s’énoncent « Harmful if swallowed », « Causes severe skin burns and eye damage » et « Toxic to aquatic life with long lasting effects ».

Le 28/09/2026, la recherche « thymol » dans la bibliothèque des standards de l’IFRA a renvoyé « No results found ». Le même jour, la recherche « thyme » dans la bibliothèque des standards de l’IFRA a renvoyé « No results found ». Le même jour, la recherche « thymus » dans la bibliothèque des standards de l’IFRA a renvoyé « No results found ».

Quels dangers sont documentés pour l’huile elle-même ?

Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), la fiche de données de sécurité fournie par le demandeur pour l’huile de thym relevait des préoccupations d’irritation cutanée et oculaire et de sensibilisation cutanée et respiratoire ; aucune donnée spécifique n’a été fournie par le demandeur et la recherche bibliographique n’a retrouvé aucune publication pertinente ; le panel FEEDAP considère l’huile évaluée comme irritante pour la peau et les yeux et comme sensibilisant cutané et respiratoire, et considère comme un risque l’exposition, par toute voie, des personnes qui manipulent l’additif. Selon le rapport d’évaluation du HMPC (EMA/HMPC/52980/2017, révision 1), citant Von Skramlik (1959), la DL50 de l’huile essentielle par voie orale chez le rat était de 2,84 g/kg de poids corporel. Citant Jimenez et al. (1993), le même rapport donne pour l’huile de Thymus zygis une DL50 intrapéritonéale chez la souris de 600 mg/kg de poids corporel. Le rapport d’évaluation du HMPC indique que la mutagénicité et la génotoxicité du thymol et du carvacrol, principaux composants de l’huile de thym, ont été évaluées dans plusieurs études in vitro et in vivo sur systèmes procaryotes et eucaryotes ; ces études présentent de nombreuses faiblesses, leurs résultats sont souvent contradictoires et leurs comptes rendus manquent de détails suffisants (« reporting does not always contain sufficient details »), ce qui rend l’interprétation difficile et la conclusion équivoque (« equivocal »). Selon le même rapport, il semble (« It seems ») que, dans certaines études, l’huile de thym et ses principaux composants donnent de faibles indications de génotoxicité, mais ces indications sont au mieux faibles et discutables. Le même rapport indique que, dans la plupart des cas, les essais de génotoxicité et de mutagénicité in vitro n’ont pas été réalisés avec une huile de thym dont la composition respecte les limites de la récente monographie de la Pharmacopée européenne pour le chémotype thymol. La section 5.3 de la monographie de l’Union européenne du HMPC (EMA/HMPC/59032/2017, révision 1) rapporte des résultats équivoques (« Equivocal results ») pour le thymol et le carvacrol, constituants de l’huile de thym, dans des essais de génotoxicité in vitro et in vivo. Selon le rapport d’évaluation du HMPC (révision 1), des essais de cancérogénicité n’ont pas été réalisés (« have not been performed »). Citant Urbach et Forbes (1973) repris par Opdyke (1979), le même rapport indique qu’il n’y a pas eu d’effets phototoxiques enregistrés pour l’huile de thym (« There were no phototoxic effects recorded for thyme oil »). Citant Hänsel et al. (1994), le rapport indique que, dans de très rares cas, des réactions allergiques peuvent survenir (« may occur ») en raison de la teneur en thymol. Dans la rubrique des effets indésirables liés à l’huile essentielle, citant Blaschek et al. (2008), le rapport indique que l’application quotidienne dans des gargarismes, bains de bouche et dentifrices sur une période prolongée, sans données exactes disponibles, peut provoquer (« may cause ») des réactions allergiques. Le rapport mentionne un cas d’hépatite aiguë rapporté (« reported ») par Yürüktümen (2011) après ingestion de 25 ml d’huile essentielle de thym de composition inconnue achetée sur un marché local en Turquie ; le HMPC considère ce cas comme non pertinent pour la monographie en raison de la qualité inconnue du produit et de la dose élevée. Selon l’avis FEEDAP de l’EFSA (2025), le Compendium of botanicals de l’EFSA signale comme substances potentiellement préoccupantes (« of potential concern ») pour la santé humaine et animale la présence de 1,8-cinéole (2,4 %) et de myrcène (2,1 %) dans l’huile essentielle des feuilles de T. vulgaris. Dans le texte d’origine du règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, l’annexe III, entrée 84, impose que la présence du linalol (CAS 78-70-6) soit indiquée dans la liste des ingrédients lorsque sa concentration dépasse 0,001 % dans les produits sans rinçage et 0,01 % dans les produits rincés.

Références