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Comment les évaluateurs extrapolent-ils des données animales à l’humain ?

Selon le document d’orientation du comité scientifique de l’EFSA (2012), en l’absence de données propres à la substance sur la cinétique et/ou la dynamique, le comité recommande un facteur d’incertitude global par défaut de 100 (10 pour la variabilité inter-espèces × 10 pour la variabilité intra-humaine). Le même document donne les sous-facteurs par défaut appliqués lorsque les données propres à la substance manquent pour certaines composantes : 4,0 pour la variabilité inter-espèces en toxicocinétique, 2,5 pour la variabilité inter-espèces en toxicodynamique, 3,16 pour la variabilité intra-humaine en toxicocinétique et 3,16 pour la variabilité intra-humaine en toxicodynamique. Pour l’extrapolation d’une durée d’étude subchronique à une durée chronique chez le rongeur, le document recommande un facteur d’incertitude de 2.

Quelles valeurs de toxicité aiguë sont rapportées pour l’huile d’eucalyptus ?

Selon le rapport d’évaluation de l’EMA/HMPC sur l’huile essentielle d’eucalyptus (2024), citant ESCOP (2003), qui reprend von Skramlik (1959) et Ohsumi et al. (1984), des études animales donnent pour l’huile d’eucalyptus une DL50 orale de 4,4 g/kg de poids corporel chez le rat et de 3,3 g/kg chez la souris. Le même rapport indique que Zhao et al. (2021) ont analysé la toxicité aiguë d’une huile d’eucalyptus de qualité inconnue et ont trouvé par la méthode de Karber modifiée une DL50 orale chez la souris de 3065 mg/kg.

Le rapport d’évaluation de l’EMA/HMPC (2024) indique aussi que Hu et al. (2014) ont étudié chez le rat, selon la ligne directrice OCDE 425, la toxicité aiguë d’une émulsion dans l’eau d’huile d’eucalyptus de qualité inconnue, sur cinq groupes expérimentaux de 10 rats chacun, mâles et femelles en nombre égal ; la DL50 orale de cette émulsion était de 3811,5 mg/kg (méthode de Karber), et à fortes doses le foie était l’organe cible.

Quelles valeurs de toxicité aiguë sont rapportées pour le 1,8-cinéole ?

Le rapport d’évaluation de l’EMA/HMPC sur l’huile essentielle d’eucalyptus (2024) indique que Jenner et al. (1964) ont trouvé pour le 1,8-cinéole une DL50 orale chez le rat Osborne-Mendel de 2 480 mg/kg de poids corporel. Citant Opdyke (1975), le même rapport donne pour le 1,8-cinéole une DL50 de 2,5 g/kg chez le rat, la voie n’étant pas précisée dans cette phrase. Citant aussi Opdyke (1975), le rapport donne pour le 1,8-cinéole une DL50 cutanée chez le lapin supérieure à 5 g/kg de poids corporel.

Quelles intoxications par ingestion d’huile d’eucalyptus sont rapportées chez l’humain ?

Selon le rapport d’évaluation de l’EMA/HMPC (2024), le SCF (2002), citant Webb et Pitt (1993), a résumé que des intoxications accidentelles ont été rapportées après ingestion d’huile d’eucalyptus, que les plus faibles doses létales rapportées étaient de 4-5 ml chez l’adulte, et que dans d’autres cas l’ingestion de doses plus élevées a causé des effets moins sévères ou est restée asymptomatique. Le même rapport indique que Saller et al. (1988) ont cité une dose létale de seulement 4-5 ml d’huile d’eucalyptus chez l’adulte. Darben et al. (1998), cités par le rapport, ont rapporté un décès par dépression du système nerveux central après ingestion de 30 ml d’huile. De Vincenzi et al. (2002), cités par le rapport, ont recensé des cas d’effets indésirables après ingestion d’huile d’eucalyptus pour des quantités allant de 1 ml à 220 ml, dont 2 patients décédés après ingestion de seulement 3,5-5 ml.

Des cas rapportés en Inde

Ittyachen et al. (2019), cités par le rapport d’évaluation de l’EMA/HMPC (2024), ont rapporté les cas de deux patients adultes en Inde qui ont consommé involontairement de l’huile d’eucalyptus et ont présenté des convulsions ; les auteurs ont détecté du camphre dans l’« huile d’eucalyptus » consommée. Mathew et al. (2021a), cités par le rapport, ont décrit à partir d’une étude observationnelle dans un hôpital du sud de l’Inde (janvier 2018 à décembre 2019) 3 jeunes adultes en état de mal épileptique lié à une huile essentielle, dont les 2 premiers avaient des antécédents d’ingestion excessive d’huile d’eucalyptus, 5 ml pour l’un et 10-15 ml pour l’autre.

Que disent les évaluateurs de ces rapports de cas ?

Dans leurs commentaires, les évaluateurs du rapport de l’EMA/HMPC (2024) indiquent que les rapports de cas ne donnent aucune information sur les produits ni sur la qualité de l’huile en cause, et que le cas d’Ittyachen et al. (2019) a montré que des falsifications sont possibles.

Quels autres effets de l’huile d’eucalyptus sont documentés ?

Dans les conclusions sur la sécurité clinique du rapport d’évaluation de l’EMA/HMPC (2024), un contact oculaire avec des mains non lavées après application d’huile d’eucalyptus ou utilisation de la préparation peut potentiellement causer une irritation.

Que sait-on de la toxicité de la thuyone ?

Que rapportent les études animales ?

Selon la déclaration publique de l’EMA/HMPC sur la thuyone (2012), les symptômes les plus marquants de l’intoxication aiguë sont des convulsions épileptiformes, conformes au mécanisme d’action proposé. La même déclaration donne, d’après Rice et Wilson (1976), une DL50 sous-cutanée chez la souris de 134 mg/kg pour l’α-thuyone et de 442 mg/kg pour la β-thuyone. Citant Pinto-Scognamiglio (1967) et le SCF (2002), la déclaration rapporte que chez le rat, des administrations intrapéritonéales de thuyone ont entraîné des effets à la fois convulsivants et létaux à la dose de 180 mg/kg de poids corporel. D’après Höld et al. (2000), la déclaration donne une DL50 intrapéritonéale de l’α-thuyone chez la souris de 45 mg/kg de poids corporel.

La déclaration rapporte, d’après Margaria (1963), une DL50 orale d’un mélange d’α- et de β-thuyone de 192 mg/kg chez le rat, 230 mg/kg chez la souris et 396 mg/kg chez le cobaye.

Que rapporte-t-on chez l’humain ?

Relevant qu’il est difficile de déterminer les doses d’exposition dans les cas humains qu’il examine, le SCF (2002), cité par la déclaration publique de l’EMA/HMPC (2012), a conclu que l’humain est au moins aussi sensible à la neurotoxicité de la thuyone que l’animal d’expérience.

Quelles valeurs de référence et limites s’appliquent à la thuyone ?

Selon la déclaration publique de l’EMA/HMPC (2012), le Conseil de l’Europe (1999) a fixé pour la thuyone une dose journalière tolérable (DJT) de 10 µg/kg de poids corporel/jour, fondée sur une NOEL de 5 mg/kg de poids corporel pour les convulsions chez la rate, dosée par gavage 6 jours par semaine pendant 14 semaines, à laquelle a été appliqué un facteur de sécurité de 500. La même déclaration rapporte que le Comité scientifique de l’alimentation humaine (SCF, 2002) a jugé les données disponibles insuffisantes pour établir une DJT/DJA (« considered the available data inadequate to establish a TDI/ADI »). Selon la directive 88/388/CEE modifiée par le règlement (CE) n° 1334/2008, telle que la rapporte la déclaration, les teneurs maximales admises en thuyone sont de 10 mg/kg dans les boissons alcoolisées autres que celles produites à partir d’espèces d’Artemisia, de 35 mg/kg dans les boissons alcoolisées produites à partir d’espèces d’Artemisia, et de 0,5 mg/kg dans les boissons non alcoolisées produites à partir d’espèces d’Artemisia. La déclaration ajoute que l’usage de la thuyone en tant que telle comme substance aromatisante n’est pas autorisé en Europe (règlement (CE) n° 1334/2008), ni pour un tel usage aux États-Unis.

Que sait-on de la pulégone et du menthofurane ?

Selon la déclaration publique de l’EMA/HMPC sur la pulégone et le menthofurane (2016), une dose journalière tolérable (DJT) pour la pulégone et le menthofurane a été fixée pour l’alimentation à 0,1 mg/kg de poids corporel. La même déclaration rapporte que le règlement (CE) n° 1334/2008 fixe une dose journalière maximale (MDI) conjointe pour la pulégone et le menthofurane de 0,1 mg/kg de poids corporel, et que la limite pour la pulégone dans les aliments et boissons en général est de 20 mg/kg.

Selon la déclaration publique de l’EMA/HMPC sur la pulégone et le menthofurane (2016), la pulégone est le composant majeur des huiles volatiles du pouliot européen (Mentha pulegium L.) et du pouliot américain (Hedeoma pulegioides (L.) Pers.), où elle représente de 85 à 97 % (p/v) et environ 30 % (p/v) de l’huile respective. Selon la déclaration publique de l’EMA/HMPC sur la pulégone et le menthofurane (2016), une revue de la littérature sur des cas d’intoxication humaine par l’huile de pouliot (teneur en pulégone de 62 à 97 %) indique que l’ingestion de 10 ml (environ 5,4 à 9 g de pulégone, environ 90 à 150 mg/kg de poids corporel pour une personne de 60 kg, calculés avec une densité relative de 0,9, « as for peppermint oil ») a entraîné une toxicité modérée à sévère, et que l’ingestion de plus de 15 ml (environ 8 à 13 g de pulégone, environ 130 à 215 mg/kg de poids corporel pour une personne de 60 kg) a entraîné la mort ; le tableau anatomo-clinique comportait une nécrose centrolobulaire massive du foie, un œdème pulmonaire et des hémorragies internes, passage que la déclaration clôt par le renvoi « (SCF, 2002) ».

Que rapporte-t-on sur la toxicité des salicylates ?

Selon Chin, Olson et Dempsey (2007), les effets principaux de la toxicité des salicylates sont complexes et comprennent une stimulation directe du centre respiratoire du système nerveux central, conduisant à une alcalose respiratoire.

Références